Pour sa troisième session criminelle ordinaire pour l’année judiciaire 2017/2018, 63 affaires, dont la fameuse cellule d’espionnage au profit d’Israël  programmée en appel, sont inscrites au rôle du tribunal criminel près la cour de Ghardaïa qui a entamé la session à partir du 25 mars et qui continuera à siéger jusqu’au 18 avril 2018.

Pas moins de 156 inculpés, présumés criminels et délinquants, sont impliqués dans les 63 affaires à juger. Parmi les quatre femmes qui font partie de ce lot d’accusés qui se présenteront au box, une est accusée de kidnapping d’enfant suivi d’assassinat, une autre de recel d’objets volés, une faisant partie d’une association de malfaiteurs et enfin la dernière de faux et usage de faux et de complicité dans la confection de faux documents officiels administratifs touchant à une grave affaire de dilapidation de foncier. Les autres affaires inscrites au rôle de cette session sont essentiellement relatives aux délits de meurtre avec préméditation, de viol et de viol sur mineur avec violence, d’attentat à la pudeur, de vol qualifié avec violence, d’homicide volontaire avec préméditation et guet-apens. D’autres affaires, liées aux délits d’association de malfaiteurs, d’incendie volontaire suivi de vol, de faux et usage de faux de documents administratifs, de confection et usage de cachets humides officiels d’administrations publiques, de confection et usage de faux documents officiels, ainsi que de violence et agression ayant engendré un handicap permanent font aussi, malheureusement, partie du lot des crimes et délits inscrits au rôle de cette session. Mais, incontestablement, c’est la rocambolesque affaire de ladite « cellule d’espionnage au profit d’Israël », programmée en appel pour le lundi 16 avril en cours, et dont le principal accusé, en l’occurrence le Libérien, d’origine Libanaise, Aâlam Eddine Fayçal, condamné le 14 février 2018 par la cour criminelle de Ghardaïa à la peine capitale alors que ses 6 acolytes (3 Maliens, 2 Guinéens et un Ghanéen) ont été condamnés à 10 ans de prison et 200 000 DA d’amende, qui dominera cette session. Encore une fois, et malheureusement, il y a lieu de noter que la diversité des délits et le nombre sans cesse crescendo des affaires enrôlées renseignent, on ne peut mieux, de l’inquiétante et gravissime ascension de la criminalité, sous toutes ses formes, qui a tendance à se propager sournoisement à toutes les couches de la société, et ce, malgré tous les efforts déployés par les services compétents en la matière. Une étude exhaustive et approfondie des causes inhérentes à cette fulgurante propagation de la criminalité par des structures spécialisées et habilitées en la matière est plus que primordiale afin de prendre les mesures idoines, rationnelles et, surtout, draconiennes à l’effet d’inverser la tendance. Nonobstant le fait que Ghardaïa soit devenue le lieu de transit obligé de tous les trafics, en ce que cela suppose comme immigration clandestine, contrebande de papiers, de drogue et même d’armes, il n’en demeure pas moins que le phénomène de la criminalité au sud du pays a pris ces dix dernières années des proportions telles que tous les voyants sont au rouge. La paupérisation de la population et son corollaire, la baisse vertigineuse du pouvoir d’achat conjuguée à un taux de chômage des plus élevés du pays, n’est certainement pas étrangère à cette gangrène criminelle. La situation socio-économique de larges pans de la population de ces régions se dégrade chaque jour un peu plus, sans qu’aucune perspective d’amélioration ne pointe concrètement à l’horizon. Les ingrédients étant réunis et les voyants étant au rouge, les pouvoirs publics sont plus que jamais interpellés avant l’imminente explosion sociale. La sonnette d’alarme est tirée.