Le parcours valeureux du défunt moudjahid Ahmed Feddal, connu sous le nom de guerre de H’mimi Ufadhel, a été revisité, hier, par ses anciens amis et compagnons d’armes à la faveur d’une journée d’étude organisée au musée du Moudjahid de Béjaïa, en présence des membres de sa famille, de la famille révolutionnaire (ONM, Onec, Cnec…) des représentants des autorités locales, dont le directeur des moudjahidine de la wilaya de Béjaïa

. Ce rendez-vous avec l’Histoire de la Révolution algérienne se voulait un grand hommage à ce commandant de la glorieuse Armée de libération nationale (ALN) qui fut l’un des bras droit du colonel Amirouche, chef de la Wilaya III historique.
Au menu de cette journée d’étude, des témoignages sur le parcours exceptionnel de cet ancien combattant, natif de la tribu des Ath Oumaouch (Beni Maouche), une exposition de photos et une conférence-débat animée par l’historien Ali Battache, autour de son dernier ouvrage intitulé « Ahmed Feddal, un des chefs de la Wilaya III », suivie d’une vente-dédicace de l’ouvrage.
« Si H’mimi Oufadel, faut-il le rappeler, n’avait que 24 ans lorsqu’il rejoignit les rangs du PPA/MTLD. Il n’a, à aucun moment, cessé de se battre pour l’indépendance de son pays. Il passera son service militaire à Hussein Dey (Alger) en compagnie d’une autre icône de la Révolution algérienne, en l’occurrence Larbi Ben M’hidi avec lequel il quittera d’ailleurs cette caserne en octobre 1946 », relatera d’emblée, M. Battache, enseignant-chercheur spécialiste de l’Histoire de la guerre de Libération nationale.
Le conférencier insistera, par ailleurs, sur la nécessité de multiplier ce genre de rencontres-débats afin de « mettre en lumière les qualités mais aussi le rôle qu’ont joué des hommes de la trempe du commandant Si H’mimi ».
Selon lui, tous les témoignages des compagnons d’armes de H’mimi Oufadel devraient être capitalisés pour faciliter l’écriture de notre histoire contemporaine. « Voilà notre principal objectif, au-delà bien sûr de l’hommage que nous devons rendre en guise de reconnaissance, mais aussi par devoir de mémoire, à tous les martyrs et moudjahiddine qui se sont engagés dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie », a-t-il soutenu.
Pour rappel, le commandant Si H’mimi, de son vrai nom Ahmed Feddal, est né en 1923 au village Aguemoune dans la commune de Beni Maouche (Béjaïa).
Militant nationaliste de la première heure, il participe aux manifestations du 8-Mai 1945 alors qu’il n’avait que 22 ans. Arrêté plusieurs fois, avant d’être incorporé d’office au service militaire, il reprendra ensuite son activité militante dans sa région natale en adhérant au PPA/MTLD.
Après une première mission de sensibilisation durant laquelle il sillonnera tous les villages de sa région, il sera chargé par Larbi Oulebsir, responsable du parti, de la préparation des premiers groupes armés dans la perspective du déclenchement de l’insurrection.
Il ne tardera pas d’ailleurs à gagner une réputation de grand baroudeur dans sa région, où il avait mené plusieurs attaques retentissantes dès le déclenchement de la lutte contre des cibles coloniales. Son engagement, son courage et son dévouement en faveur de la cause nationale, lui ont valu des promotions jusqu’à devenir un proche collaborateur du défunt colonel Amirouche.
Promu au grade de commandant au Congrès de la Soummam, il sera blessé en août 1957 dans une bataille contre l’ennemi dans les environs d’Akbou, mais cela ne l’empêchera pas de poursuivre le combat avec la même ardeur jusqu’à la fin de la guerre. Au lendemain de l’Indépendance, Si H’mimi briguera un mandat de député de la wilaya de Béjaïa, tout en gardant sa modestie légendaire. Outre sa mission de parlementaire, il n’a jamais cessé d’animer des conférences sur la Révolution pour apporter sa pierre à l’écriture de l’histoire de la guerre d’Algérie dont il fût un acteur incontestable.
Décédé le 26 mars 2003, à l’âge de 80 ans, il a été enterré au carré des Martyrs à El-Alia (Alger).