Les élèves reprendront ce matin les bancs des classes après les vacances de printemps. Quinze jours n’auront finalement pas suffi au ministère de l’Education nationale et les syndicats du secteur pour tourner la page des grèves et sauver ce qui reste de l’année scolaire.

En effet, la tension reprendra aussitôt la reprise des cours, puisque nombre de syndicats annoncent d’ores et déjà le retour à la protesta au cas où le département de Nouria Benghebrit ne prend pas en charge les revendications encore en suspens.
Ayant pris en otage le secteur pendant plus d’un mois, le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) est le premier à remonter au front. Une grève cyclique de deux jours est annoncée pour le 9 avril prochain. Le syndicat accuse Nouria Benghebrit d’avoir « violé » les orientations du président de la République, après la suspension de la grève le 28 février dernier. Son conseil national a relevé « un retour flagrant sur les engagements tenus lors des dernières réunions », estimant que cela «prouve une volonté de pousser au pourrissement ».
Les propos sont graves et le Cnapeste semble déterminé à ouvrir un autre bras de fer avec la ministre, quitte à prendre encore en otage les élèves. D’ici le 9 avril, les deux parties peuvent, bien évidemment, se retrouver autour de la table des négociations pour essayer de désamorcer la bombe.
Mais, force est d’admettre que ce n’est qu’une sorte de trêve lorsque l’on sait que les positions des deux protagonistes sont diamétralement opposées. On parle du point relatif aux ponctions sur salaires des journées de grève. Pendant que le syndicat affirme avoir passé un accord avec la ministre pour un échéancier, Benghebrit elle reste intransigeante sur la question. Les chances d’un nouvel accord sont minimes. Cependant, la ministre a tout intérêt  à relancer les négociations, bien qu’elle soit décidée de frapper fort, en menaçant carrément de licenciement cette fois-ci les enseignants grévistes. C’est d’ailleurs la démarche qu’elle a adoptée avec les cinq autres syndicats constitués en coordination (Satef, SNTE, Unpef, CLA et Snapest) qui ont déjà observé une grève de deux jours le 20 et 21 février dernier. Une rencontre est prévue pour le 5 avril prochain afin de débattre de la plateforme de revendications soulevées par ces syndicats.
Il s’agit, entre autres de « l’amélioration du pouvoir d’achat, du respect des libertés individuelles, de la révision du statut particulier du personnel de l’éducation, de l’adoption d’un régime indemnitaire incitatif, de la révision de la grille salariale en fonction de l’inflation et de l’application la circulaire relative à la revalorisation des diplômes DEUA et licence ».
Mais, avant cette réunion, les établissements scolaires devront connaître déjà une journée de grève, le 4 avril, à l’appel de l’Intersyndicale autonome de la Fonction publique qui regroupe une quinzaine de syndicats de différents secteurs. Boualem Amoura, secrétaire général du Satef explique que «cette grève est maintenue et connaîtra l’adhésion de tous les travailleurs de l’éducation ». « Certes, nous sommes conviés à une réunion avec la ministre, mais notre action dans le cadre de l’intersyndicale est indépendante au secteur », nous dira-t-il. C’est dire que la rentrée ne se déroulera pas dans la tranquillité déjà que tous les regards sont braqués vers les grèves à venir. La concentration des élèves dans ce cas sera très affectée. Il ne faut pas oublier que ces derniers n’auront qu’un peu plus de 30 jours avant le début des examens  troisième trimestre fixé au début du mois de mai.
Jeudi dernier à l’occasion de la conférence nationale des cadres, Nouria Benghebrit n’a pas hésité à qualifier de « fragiles » les liens entre les membres de la famille éducative. Et ce à cause « des arrêts répétitifs de travail », a-t-elle fait remarquer. Un constat qui n’augure rien de bon pour la suite de l’année scolaire, bien que la concernée soit confiante en la capacité des enseignants à rattraper les cours et à finir le programme.