La dernière sortie du cheikh Ferkous aura été la goutte qui a fait déborder le vase. Non seulement, elle a mis au grand jour l’hégémonie saoudienne et sa tentative d’utiliser la religion comme arme pour déstabiliser des pays et asseoir son influence, mais aussi, elle a fait sortir les Frères musulmans, proches du Qatar et de la Turquie, de leur «neutralité».

Le tout se déroulant sur le sol algérien, alors que les autorités paraissent dépassées par le cours des évènements, voulant, à tout prix, rester à équidistance entre les deux principaux courants qui se disputent.
La patronne du Parti des travailleurs n’a pas mis de gants pour tirer à boulets rouges, hier depuis Constantine, contre la position officielle de l’Algérie, notamment après la réaction du ministre des Affaires religieuses concernant la sortie de Ferkous. Pour Louisa Hanoune, il est inacceptable qu’un ministre affirme que «nous n’avons aucun problème avec le wahabisme», rappelant que ce courant a été responsable du drame vécu par notre pays durant la décennie noire.
Elle n’a pas manqué de rappeler la dernière sortie du prince héritier saoudien, Mohamed  Bensalmane, qui a reconnu que son pays, sur injonction des Etats-Unis d’Amérique, avait propagé le wahhabisme pour contrer le communisme. «Comment un responsable au sein de l’État déclare que nous n’avons pas de problème avec le wahhabisme alors que nous avons payé un lourd tribut ?», s’est demandée Louisa Hanoune faisant clairement allusion au ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa. Pour elle, cette déclaration est inquiétante, dans la mesure où elle traduit, selon elle, deux choses, que «l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques par l’Etat peut conduire à des dérapages». Ensuite, que le cafouillage, au plan interne, conduit inévitablement au «cafouillage de la politique étrangère».
C’est dans cette optique que Louisa Hanoune fustige également la position de la diplomatie algérienne concernant le conflit au Yémen, notamment en raison du dernier communiqué prenant fait et cause pour l’Arabie saoudite dans son conflit avec le Yémen, alors que la position officielle et traditionnelle de l’Algérie consistait à refuser toute ingérence étrangère dans les affaires internes des pays. Pour rappel, le cheikh Mohamed  Ali Ferkous, est le représentant officiel des salafistes madkhalistes en Algérie. Il a été désigné par les autorités religieuses saoudiennes pour fédérer les salafistes algériens, en compagnie de quelques figures du wahhabisme en Algérie, et qui ont tous été formés à l’école de Médine où officiait Cheikh Rabie Ben Hadi El Madkhali, héritier de son père, qui est considéré comme le fondateur de la nouvelle doctrine devant remplacer le wahabisme.
Mais la dernière sortie de cheikh Ferkous a conduit El Madkhali à lui retirer le tapis sous les pieds et à confier la représentation en Algérie à ses adversaires au sein de la mouvance, témoignant ainsi que c’est toujours l’Arabie saoudite qui décide de qui va représenter ce courant religieux en Algérie.