Les vents de sable trop forts et la visibilité très réduite n’ont pas empêché les jeunes chômeurs et habitants de se rendre à Souk Lahdjar pour tenir leur deuxième rassemblement devant le rond-point de la Rose de sable.

Les protestataires sont venus rappeler aux autorités leurs revendications non satisfaites et leurs conditions de vie qui «empirent» et ce, au plus fort de l’épidémie de rougeole qui frappe la région depuis novembre 2017, et qui a fait des morts et environ 2 000 cas confirmés à Ouargla et Oued Souf. Malgré la tentative policière de contenir les protestataires, le rassemblement d’environ 800 personnes s’est déroulé dans le calme. Organisée trois jours après le 5e universitaire de la Miliyounia du 14 mars 2013 et une semaine après le premier rassemblement marquant le début d’une nouvelle vague de protestations, cette manifestation est venue affirmer la continuité des mouvements sociaux, adoptés cette fois-ci par une nouvelle génération de meneurs.
De nouveaux visages qui ont décidé de prendre la relève des mouvements de protestation, lancés par Tahar Belabès et Ibek Abdelmalek, pour dénoncer, une fois encore, le chômage, les procédures de recrutement discriminatoires, mais aussi l’état déplorable des routes, des réseaux d’assainissement, ainsi que le gel du projet de CHU, nous dira Gadja Med Banna, un diplomé d’éducation sportive, en quête d’un emploi depuis 2014.
Le premier rassemblement, samedi 10 mars, qui avait enregistré une participation record avec plus de 1 500 protestataires tous âges confondus, est survenu après six mois de préparation et dont la date a été rapprochée suite à la situation de «dégénérescence» actuelle que vit la ville, a expliqué l’organisateur Yacine Rahmani à Reporters.
En plus de l’état déplorable de la majorité des routes et des eaux usées qui envahissent la plupart des quartiers, l’implantation anarchique des chantiers des travaux publics de Cosider, qui a dégradé complètement la ville, outre la crise du chômage, la mort du jeune Takieddine et le couple Belmassaoud, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, ajoute notre interlocuteur.
Hier, les protestataires ont crié leur ras-le-bol des responsables locaux face aux  conditions lamentables dans lesquelles vivent les habitants de Ouargla, notamment les jeunes qui dénoncent la marginalisation, la discrimination et l’iniquité dans le développement local. Ils ont lancé un appel aux hautes autorités pour intervenir et répondre aux revendications avant que le « Sud ne se soulève et que la colère devienne irrégable ». Les protestataires appellent également au dégel du projet du CHU prévu dans la wilaya de Ouargla et dont la réalisation a été suspendue pour un problème d’assiette. Enfin, les protestataires donnent rendez-vous le 20 mars prochain pour un nouveau regroupement de protestation.