Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a regretté la persistance de certaines mentalités dans la société, opposées à l’épanouissement de la femme, à la promotion de ses droits et sa participation dans la vie politique.

Le chef de l’Etat a estimé que l’Algérie a fait d’énormes progrès en la matière et a eu à recourir à des mesures juridiques pour imposer certaines avancées en faveur de la femme.
Ce que Bouteflika a qualifié «d’entrave » n’empêchera pas l’Etat de poursuivre son chemin sur la voie du progrès, a-t-il assuré dans un message adressé, hier aux participants à la Conférence internationale sur «La promotion de la participation politique de la femme, appui essentiel aux processus de la réforme politique et du développement durable».
« Nous sommes conscients des entraves et du poids de certaines mentalités persistantes dans notre société quant à la promotion effective de la place de la femme et sa participation dans notre vie collective », a écrit Abdelaziz Bouteflika dans le message lu en son nom par Tayeb Louh, ministre de la Justice, garde des Sceaux.
Selon lui, l’Algérie reste résolument engagée sur la voie de la promotion du rôle de la femme en politique et dans le développement et  pour davantage de progrès et « c’est là le message de la dernière révision de la Constitution qui a consacré la responsabilité de l’Etat dans la promotion de l’égalité en matière d’emploi et la promotion de la place de la femme dans les postes de responsabilité à tous les niveaux ». Bien qu’il n’ira pas jusqu’à identifier ces «mentalités», Abdelaziz Bouteflika expliquera qu’elles ont toujours existé.
Depuis l’indépendance même, a-t-il dit. « L’Etat algérien s’est attelé, dès l’indépendance, à la consécration des droits politiques de la femme, du droit au vote au droit de la représentation dans tous les domaines, en dépit d’entraves liées aux mentalités », a précisé le président.
Avant d’expliquer que pour faire face à ces entraves, il était nécessaire d’adopter « des mesures constitutionnelles et juridiques », ayant permis, ces dernières décennies, à « l’Algérienne d’être un acteur dans notre édifice parlementaire et dans nos assemblées locales élues avec un niveau de présence avant-gardiste dans le monde arabe ». Une allusion à la représentativité (quota de 30%, fixé par la loi électorale) de la femme dans au sein de l’APN, du Sénat et de toutes les assemblées locales.

Un long chemin
Le président de la République a exprimé la joie de notre pays d’accueillir cette rencontre qui, a-t-il espéré, « permettra à l’Algérie de partager son expérience dans le domaine de la promotion du rôle de la femme en politique et dans le développement durable ». Une expérience qu’il aura détaillée au début de son message, et qui remonte jusqu’à la Guerre de libération nationale où « la femme a été un acteur à part entière dans la glorieuse Révolution de Novembre et un acteur dans la lutte politique et l’action préventive et sociale », allant même jusqu’à « prendre les armes et se sacrifier pour combattre le colonialisme ».  De « la scolarisation totale des filles au cycle primaire »,  à la « présence de l’élément féminin dans nos universités», au «monopole de certaines professions à caractère social telles que l’enseignement et la santé », passant par « l’intégration des rangs de l’Armée nationale populaire (ANP) », jusqu’à devenir « un acteur dynamique dans la sphère des entreprises économiques et du développement rural », Bouteflika ne lésinera pas sur les exemples portant sur la promotion de la place de la femme dans la société.
Même durant la décennie noire « lorsque l’Algérie a fait face seule aux affres du terrorisme aveugle », a tenu à mentionner le président, « la femme algérienne s’est dressée en rempart prête au sacrifice pour la sauvegarde et la pérennité de la République », a-t-il rappelé. En témoigne d’ailleurs, « les longues listes de chahidate dans différents corps professionnels », soutient Abdelaziz Bouteflika qui rend hommage à l’Algérienne « mère, veuve et la sœur » qui « a été au premier rang pour plébisciter le choix de la réconciliation nationale, plaçant l’intérêt de l’Algérie au-dessus de ses blessures et des souffrances endurées par sa famille».