L’élection présidentielle de Russie intervient dans un contexte de tension particulièrement vive. Des pays occidentaux redoublent de pression contre Moscou allant jusqu’à expulser des dizaines de diplomates comme c’est le cas de Londres, et des menaces à peine voilées des Européens.

En Syrie où la Russie est engagée militairement aux côtés du gouvernement, la situation risque de dégénérer, Moscou ayant averti de répondre systématiquement à toute attaque visant ce pays. Au moment où les menaces d’une intervention militaire en Syrie sous le prétexte ressassé d’usage des armes chimiques automatiquement imputées à Damas se font plus prononcées, Moscou répond par une attitude toute russe. « Les accusations contre les autorités syriennes concernant des attaques chimiques présumées ont été coordonnées à un haut niveau politique en Occident pour justifier de nouvelles sanctions », répond le ministère russe de la Défense. Les adversaires occidentaux de Poutine fustigent son système considéré comme autoritaire et oublient qu’il reste particulièrement populaire en Russie. Le slogan de campagne de Vladimir Poutine, « un président fort pour un pays fort », prend tout son sens, notamment sur la scène internationale. Les Russes se disent globalement satisfaits de la politique internationale menée par leur président, à la mesure de la grandeur de leur pays. La récupération du rang de grande puissance est considérée comme le plus grand succès des présidences de Vladimir Poutine. L’élection de Poutine pour un nouveau mandat à la tête de la Russie pourrait en effet irrémédiablement signer son retour sur la scène internationale. Gorbatchev et Eltsine n’auront été qu’un intermède qui finalement n’aura fait que précipiter l’empire soviétique vers la désintégration. Aujourd’hui, la Russie signe un come-back manifeste s’installant comme un incontournable acteur dans l’équilibre de la dissuasion entre puissances. De bon augure pour les rapports internationaux qui pâtissaient d’un déséquilibre patent depuis l’éclatement de l’URSS.