Les relations entre l’Algérie et la Russie sont tout sauf anodines. La coopération entre les deux pays datant de plusieurs dizaines d’années se caractérise par une stabilité et une continuité à toute épreuve.

Défense, commerce, géopolitique, lutte-antiterroriste, le plus vaste pays du monde et le plus vaste pays d’Afrique en termes de superficie convergent aujourd’hui sur de nombreux domaines.
« L’Algérie est l’un de nos principaux partenaires en Afrique et dans le monde musulman », avait estimé récemment la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova. Avec l’ère Vladimir Poutine cette relation particulière s’est consolidée. « Depuis l’arrivée de Vladimir Poutine aux affaires, les relations entre Alger et Moscou se sont raffermies, Poutine dans sa volonté de remettre la Russie au centre du jeu international sait que l’Algérie est incontournable dans sa région», dira un observateur au fait des relations algéro-russes. La position de l’Algérie sur la scène régionale et africaine semble cadrer avec une Russie acteur majeur sur la scène mondiale. Le respect des souverainetés nationales des États et une approche multipolaire de la gestion du monde sont également des aspects qui rapprochent considérablement Alger et Moscou. Les questions internationales et régionales d’intérêt commun, comme la situation en Syrie, en Libye, la question du Sahara occidental, la question palestinienne et la lutte contre le terrorisme et la radicalisation, demeurent des sujets sur lesquels la Russie et l’Algérie sont en parfait accord. Sur certains dossiers chauds de la scène internationale, les deux pays semblent toujours sur la même longueur d’ondes. La bonne relation avec l’Iran, considéré comme l’ennemi à abattre par l’Arabie saoudite, la stabilité de la position sur le dossier syrien, Alger s’étant positionnée dès le début de la tragédie en faveur du respect de la souveraineté syrienne. « Nos pays prônent la garantie de la stabilité et de l’équilibre des intérêts dans les relations internationales, le renforcement du rôle central de l’Onu, et le respect des normes et des principes fondamentaux du droit international, notamment le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sans ingérence extérieure. Nos approches se rejoignent, par exemple sur la Syrie et la Libye », avait déclaré, le 15 février, Maria Zakharova à l’occasion de la visite du ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel à Moscou.

Partenaire incontournable
Lors de sa visite en Algérie en 2006, Vladimir Poutine avait donné un nouveau souffle au partenariat stratégique signé entre l’Algérie et la Russie en 2001 à Moscou. L’Algérie a mené un vaste programme de modernisation de son armée par notamment l’acquisition de nouveaux équipements sophistiqués. C’est bien évidemment la Russie qui est le principal partenaire de cet effort de remise à niveau.
Les échanges entre la Russie et l’Algérie ont dépassé les trois milliards de dollars hors contrats d’armements, une tendance en voie d’accroissement. Selon les observateurs, l’Algérie représente l’un des principaux partenaires militaires de la Russie au niveau mondial se plaçant parmi les plus grands acheteurs d’armement russe à l’international, avec l’Inde et la Chine. « Le lien entre l’Algérie et la Russie considéré aujourd’hui comme historique demeure stratégique, inébranlable, malgré beaucoup de changements dans les rapports internationaux et dans les relations avec les pays arabes, c’est dire la solidité des rapports entre les deux pays », note notre observateur. Les secteurs énergétiques, miniers, du nucléaire civil ou encore celui de l’agriculture sont d’autres domaines d’interaction, mais à un degré moindre, entre les deux pays qui gagneraient à se développer. Pour certains observateurs, les relations d’ordre stratégique et militaire n’ont pas de pendant économique et commercial probant le talon d’Achille de cette relation n’étant pas comme les autres.