Les prix du pétrole sont engagés dans un mouvement de hausse modérée en cours d’échanges européens, alors que l’attention des marchés se porte sur les tensions géopolitiques en mouvement. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai valait hier 65,23 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 11 cents par rapport à la clôture de jeudi.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » pour le contrat d’avril prenait 20 cents à 61,39 dollars.
Au même moment, les rapports mensuels de l’agence internationale de l’énergie AIE et de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole Opep continuent d’avoir leurs effets, soulignent les experts. L’AIE a ainsi revu à la hausse ses prévisions de demande mondiale, ce qui a ravivé l’intérêt des investisseurs pour le pétrole, qui reste cependant en retrait sur la semaine. Dans un marché calme, les analystes portaient leur attention à la géopolitique qui pourrait y mettre du sien alors que la tension monte entre le premier exportateur mondial, l’Arabie saoudite, et un autre membre de l’Opep, l’Iran. « L’Arabie saoudite ne veut pas se doter d’une arme nucléaire, mais si l’Iran développe une bombe nucléaire, nous suivrons la même voie le plus vite possible, sans l’ombre d’un doute », a prévenu le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans une interview accordée à la chaîne de télévision américaine CBS. Cette confrontation entre les deux premiers producteurs mondiaux fait garder une tension permanente sur le cours du brut. Et le bellicisme de la Maison-Blanche n’est pas pour « arranger » les choses dans le sens de la stabilité. L’administration Trump a annoncé jeudi une série de sanctions contre des personnes et des entités russes en réponse à l’ingérence supposée de Moscou dans l’élection présidentielle américaine de 2016 et à plusieurs cyberattaques. Pour certains observateurs, « les tensions géopolitiques profitent aux prix, mais l’abondance de pétrole américain continue de peser sur les cours, qui reculent pour l’instant sur la semaine». Selon le dernier rapport mensuel de l’AIE, la demande mondiale de pétrole devrait atteindre cette année 99,3 millions de baril par jour, soit 1,5 million de plus qu’initialement anticipé. Un signal positif pour les ventes d’or noir dans les prochains mois. Toutefois, si « la hausse des prévisions de la demande pourrait profiter aux prix sur le court terme, l’essor de la production américaine de pétrole de schiste continue d’empêcher les prix de bondir », estime Lukman Otunuga, analyste chez FXTM. « Entre l’abondante production américaine, de nature à peser sur les prix, la solide demande, de nature à les faire monter, et l’Opep qui respecte ses engagements, rien ne bouge vraiment », notent les observateurs. La production américaine a en effet atteint un nouveau record la semaine dernière, au niveau moyen de 10,38 millions de barils par jour, selon le rapport hebdomadaire de l’AIE. De quoi contrecarrer les efforts de l’Opep et de ses partenaires, qui se sont engagés à limiter leur production pour rééquilibrer le marché et faire monter les prix.