A l’approche du mois sacré, le ministre du Commerce s’est voulu rassurant, en affirmant que les produits de première nécessité seront disponibles et ne seront pas impactés par la mesure d’interdiction d’importation.

Mohamed Benmeradi s’est exprimé ce jeudi à Médéa où il a précisé que son département a installé plusieurs commissions qui veilleront à ce que le marché soit approvisionné de manière régulière et en
quantités suffisantes pendant cette période.
Une question qui revient chaque année, en raison des pratiques spéculatives et des hausses souvent injustifiées des prix des produits de première nécessité  et qui oblige le gouvernement, chaque année, à prendre des mesures exceptionnelles en vue de limiter les dégâts, en attendant de mettre, enfin, de l’ordre dans la sphère du commerce du gros et du détail.
Par ailleurs, le ministre du Commerce a exclu tout retour à l’importation des véhicules, en 2018 et en 2019, tout en évoquant un « durcissement du contrôle en matière de commercialisation ou vente de véhicules, dans le but de lutter contre toute forme de spéculation qui porterait atteinte, aussi bien à l’économie du pays qu’aux portefeuilles des citoyens». Cette décision vient confirmer la volonté du gouvernement à ne pas se laisser faire par le comportement des concessionnaires automobiles qui se sont lancés dans l’assemblage et qui proposent des véhicules plus chers que ceux importés. D’ailleurs, le ministre de l’Industrie et des Mines est allé jusqu’à publier les prix de sortie d’usines de ces véhicules, pour dénoncer les prix imposés aux clients, et qui sont nettement supérieurs. Cette sortie groupée du gouvernement augure d’une nouvelle stratégie visant à exiger de ces concessionnaires de jouer honnêtement le jeu. Car, pour le moment, force est de constater que la formule CKD/SKD, adoptée par le gouvernement, pour réduire la facture des importations des véhicules, a eu l’effet inverse. Non seulement, la facture a augmenté, mais aussi et surtout, les prix des véhicules ont flambé, alors que l’intégration voulue par le gouvernement reste toujours un vœu pieux. Il en est de même pour ce qui est de la filière du lait qui connait, ces derniers temps, des augmentations injustifiées de certains produits dérivés du lait, notamment le yaourt dont les prix ont enregistré une hausse, pour le moins, bizarre. Le ministre du Commerce a affirmé, à ce sujet, que le Conseil national de la concurrence a été saisi « afin de voir s’il n’y a pas d’abus de position dominante ou un accord tacite entre certains producteurs de yaourt pour procéder une augmentation injustifiée et démesurée ». Cette saisine, souligne le ministre, intervient en prolongement de l’enquête diligentée par ses services après la hausse subite des prix de certains produits dérivés du lait, en particulier le yaourt.
M. Benmeradi a reconnu l’existence d’un « sérieux problème en matière de distribution de lait pasteurisé, en dépit des livraisons régulières en quantité suffisante de lait en poudre effectuée par l’office national interprofessionnel du lait. Pour lui, la pression sur ce produit, serait due à l’utilisation d’une partie des quantités destinées aux ménages à des activités de transformation, notamment la fabrication des yaourts et des fromages, et même de certaines pâtisseries. Des pratiques courantes, qui durent depuis des années et que le gouvernement ne parvient toujours pas à maîtriser.
Cela n’empêche pas le ministre du Commerce d’exprimer son optimisme quant à la promotion du produit national afin de faire face à la concurrence étrangère. Pour lui, « la véritable relance du produit national est tributaire du degré d’engagement des opérateurs économiques et industriels à combler les besoins nationaux de produits compétitifs et de qualité ». M. Benmeradi a fait part de la disponibilité de son département à faire plus en matière de protection du produit national, affirmant que les mesures de restrictions concernant certains produits et sous-produits offrent une réelle opportunité pour les producteurs nationaux de reconquérir un marché qui était dominé par les firmes étrangères.