La liste des prix des véhicules à leur sortie d’usine, rendue publique mercredi dernier par le ministère de l’Industrie et des Mines, n’a pas laissé indifférents les constructeurs, mais aussi les clients. Ainsi, cette liste met en avant la marge bénéficiaire, quelquefois exagérée, pratiquée par les constructeurs. La différence entre le prix sortie d’usine et celui appliqué à la vente atteint parfois un million de dinars.

Pour le Groupe TMC, la Grand I-10 est cédée entre 1 534 572 DA et 1 674 600 DA. Ce même modèle de véhicules est vendu entre 1 680 000 DA et 1 950 000 DA, ce qui donne une marge entre 12 à 30 millions de centimes. Pour la I-20, dont le prix rendu public oscille entre 1 950 000 DA et 1 970 000 DA, elle est vendue entre 2 100 000 DA et 2 300 000 DA. Ce qui donne  une marge de 15 et 33 millions. L’Accent sort de l’usine avec un prix variant entre 1 752 349 DA et 1 902 349 DA, mais ce modèle est actuellement indisponible. La nouvelle Elantra est affichée dans ses 2 finitions entre 2 520 000 DA et 2 670 000 DA, mais vendue entre 2 640 000 DA et 2 840 000 DA, soit des marges de 75 et 95 millions de centimes. Le Creta sort de l’usine entre 2 610 000 DA et 2 760 242 DA, mais vendue entre 3 483 800 DA et 3 188 000 DA. Soit une marge de près de 90 millions.
Le Tucson, affiché entre 3 956 144 DA et 4 756 144 DA, est cédé entre 4 840 000 DA et 5 200 000 DA, soit une marge de 35 à 90 millions. Pour le Santa-Fe, son prix d’usine est de 4 974 132 DA, mais vendu dans les showrooms à 5 690 000 DA, ce qui donne une marge de quelque 72 millions. Pour les voitures fabriquées par Renault Production Algérie, le prix de la Symbol essence 1.2 L est de 1 140 778 DA et la 1.6 Ess est de 1 376 653 DA. Ces deux voitures se vendent, respectivement, à 1 469 000 DA et 1 559 000 DA. La Dacia Sandero est au prix de 1 607 614 DA pour la diesel et 1 346 414 DA pour la essence, mais sont vendues à 1 859 000 DA et 1 579 000 DA. La différence des prix affichés entre ceux à la sortie d’usine et ceux pratiqués à la vente donnent une marge de 20 à 30 millions de centimes. Concernant les voitures fabriquées par Sovac Production, le prix sortie d’usine pour la Skoda Octavia Ambition est de 2 490 000 DA, mais vendue à 2 849 000 DA. La New Octavia Style DSG dont le prix initial est de 3 500 000 DA est vendue à 4 500 000 DA. La marge bénéficiaire varie entre 34 et 100 millions de centimes. Pour les voitures de marques Seat, les marges varient entre 35 et 50 millions. Pour Volkswagen, le Caddy Highline est cédé à 4 400 000 DA contre 3 534 000 DA prix sortie d’usine. La finition Business, cédée sur le marché à 3 220 000 DA, son prix sortie d’usine est de 2 110 000 DA. La marge bénéficiaire varie entre 85 et 110 millions de centimes. La Golf vendue à 2 950 000 DA, alors que son prix de sortie d’usine est de 2 490 000 DA. La nouvelle Golf Start est affichée à 3 300 000 DA contre 2 490 000 DA à sa sortie d’usine. La Golf Carrat affiche un prix de 3 600 000 DA à sa sortie d’usine, mais vendue à 5 300 000 DA. Les marges engrangées sur ce segment et ce modèle varient entre 45 et 170 millions de centimes. Pour les véhicules KIA fabriqués par Glovitz, la Picanto  est affichée entre 1 413 437 DA et 1 816 798 DA, alors qu’elle est vendue entre 1 890 000 DA et 2 350 000 DA, soit une marge entre  38 et 45 millions. Pour le modèle Rio, les prix sortie d’usine s’affichent entre 1 889 235 DA et 2 348 511 DA, mais vendues entre 2 390 000 DA et 2 950 000 DA. Ce qui représente une marge allant de 44 à 48 millions. Le  Sportage sort de l’usine à des prix allant de 3 503 353 DA à 4 697 471 DA, mais cédé entre 4 350 000 DA et 5 800 000 DA, soit des marges allant de 145 à 160 millions de centimes. La Kia Cerato sort de l’usine avec un prix variant entre 1 906 116 DA et 2 623 744 DA.
Ce même véhicule est vendu entre 2 025 000 DA et 3 890 000 DA. Ce qui donne une marge entre 15 à 120 millions de centimes. L’on remarque que la marge bénéficiaire des constructeurs est loin de faire l’unanimité.
Selon des informations, plusieurs showrooms ont été pris d’assaut, dès jeudi, par des clients qui réclament leurs remboursements. Selon un commercial dans un showroom sur les hauteurs d’Alger, même ceux qui ont déjà fait commande ont demandé à ce que la livraison soit différée. «Ils pensent pouvoir être remboursés, une chose que personne ne peut confirmer ou infirmer». Notre interlocuteur a estimé qu’il relève, désormais, de la volonté politique des pouvoirs publics de plafonner les prix, car ces mêmes constructeurs ont bénéficié de plusieurs avantages, notamment fiscaux.