Il est des rencontres et des séminaires qui disent plus long que les thèmes pour lesquels ils sont organisés. La dernière en date est celle organisée jeudi dernier par l’Aprue, l’Agence algérienne chargée de la promotion de l’économie d’énergie et de la sensibilisation aux pratiques citoyennes en matière d’utilisation de l’électricité en milieu industriel, public et domestique.

La rencontre, qui s’est déroulée à Alger, a montré que les communes et les collectivités locales, d’une manière générale, sont très peu sensibles, justement, à la consommation rationnelle de l’éclairage et qu’elles se soucient peu du fait que ce service ainsi que les équipements coûtent extrêmement cher à la collectivité nationale et à l’économie du pays. En ces temps de crise, un tel comportement de la part de structures de base de l’Etat est pour le moins navrant et nul mieux habilité que le ministre de l’Energie qui n’a pas manqué de résumer la situation : « Plus de 80% de l’énergie produite dans le pays est consommée au niveau des collectivités locales », a déclaré Mustapha Guitouni en faisant remarquer au passage que ces mêmes collectivités sont, pour la plupart, des championnes des retards de paiement quand leurs dettes ne les empêchent pas tout simplement de s’en acquitter dans les délais requis. Et Sonelgaz en sait quelque chose ! Ce que le ministre de l’Energie n’a cependant pas dit, c’est que ces collectivités locales sont dirigées par des agents de l’Etat et des élus lorsqu’il s’agit des communes. Les connaissances de ces édiles des enjeux économiques dans le pays et des défis à relever en matière de sobriété énergétique sont modestes pour ne pas dire sommaires. Elles posent de sérieux problèmes et trahissent des défaillances inadmissibles. Ce handicap peut faire sourire les cyniques et les blasés, il n’est pas moins inquiétant et révélateur du niveau de leurs compétences et de leurs aptitudes à gérer la ressource nationale et à la répartir équitablement. Pour s’en convaincre, il fallait écouter cet opérateur dans le domaine de l’éclairage public expliquant aux journalistes qu’il a souvent affaire à des maires dont certains ignoraient tout de l’existence de l’Aprue, «ne connaissent pas ce que c’est qu’un cahier des charges ni ne sont au courant des équipements à utiliser pour réduire leur facture Sonelgaz ». Récit ahurissant en 2018 et pourtant vrai, poussant à la logique suivante : celui qui ne sait pas économiser l’énergie, ne sait pas le faire non plus avec l’eau, le gaz et, pour faire vite, l’argent si précieux du contribuable. Dans ce cas, pourquoi s’étonner de voir des territoires au potentiel formidable continuer à végéter dans un sous-développement permanent.