Reporters : Quelle est la particularité du programme Afeq par rapport à ceux qui l’ont précédé dans le domaine de la coopération algéro-européenne ?

Frédéric Calas : Afeq est une suite et une continuité aux programmes qui l’avaient précédé. Sa particularité est qu’il regroupe et implique quatre ministères (le travail, l’enseignement supérieur, l’éducation nationale et la formation professionnelle). C’est une première dans les annales que de voir impliqués autant d’acteurs de la chaîne de la formation : du collège jusqu’au doctorat. Ces acteurs chapeautés par le Département du travail et de l’emploi travaillent ensemble, car le métier d’un citoyen se prépare dès l’école primaire, en termes de formation et d’orientation. Nous devons orienter les jeunes en fonction de leur compétence et motivations, car je me demande pourquoi on impose à quelqu’un de faire la sociologie ou les mathématiques si sa vocation est d’être infographe ou autre chose. L’important, pour nous, est d’apprendre à écouter pour la réussite d’autrui…

Pensez-vous nécessaire d’institutionnaliser la relation université-entreprise pour renforcer et réussir leur rapprochement comme il est prévu dans un projet de loi à présenter par l’Enseignement supérieur ?
Je trouve judicieux d’institutionnaliser cette relation, parce que la démarche peut apporter des réponses intéressantes aux problèmes posés. Nous avons des cas où des universités et des entreprises travaillent ensemble mais ont besoin d’appui pour poursuivre leur collaboration.
L’institutionnalisation peut en outre aider à rendre les programmes de formation à l’université plus adaptés au terrain et aux besoins de ses acteurs. Actuellement, beaucoup de jeunes diplômés ont des difficultés à trouver un emploi, une collaboration plus étroite entre les mondes de l’université et du travail contribue à réduire ces difficultés. L’université doit s’ouvrir à l’entreprise et réciproquement pour rendre l’offre d’emploi plus vigoureuse et orientée vers les besoins de développement du pays. Les entreprises également doivent être capables d’exprimer leurs besoins parce que les difficultés sont énormes, notamment dans les domaines émergents, comme le numérique et l’informatique. Il faut qu’on arrive à instaurer un dialogue entre institutions de formation et le marché local. Le monde académique n’est pas un monde ouvert à son environnement.