L’efficacité énergétique est une chimère. Et, elle le restera tant que le nouveau modèle de consommation d’énergie n’aura pas été adopté.

Intervenant lors de la conférence sur l’efficacité énergétique dans les Collectivités locales, Mme Nahla Kheddadj, sous-directrice au ministère de l’Intérieur a évoqué le modèle de consommation, faisant savoir que la facture de l’éclairage public au niveau des Collectivités locales, à travers tout le territoire national, s’élève annuellement à 13 milliards de dinars alors que les créances non payées sont estimées de 4,8 milliards de dinars.
Et, que l’objectif de l’organisation de cette conférence était de sensibiliser à l’importance de la promotion de l’efficacité énergétique dans les Collectivités locales mettant en avant la mise en place d’un nouveau modèle de consommation fondé sur la rationalisation de la consommation énergétique et la transition graduelle vers les énergies renouvelables. Seulement, le programme du renouvelable n’évolue pas au rythme souhaité et on est loin, très loin des objectifs assignés à ce plan de développement des énergies vertes. Le gouvernement avait annoncé que la part des énergies renouvelables devrait être de 27% du global de la production électrique et ce conformément à l’engagement du pays à la réunion sur le climat (COP 21). Est-ce possible d’atteindre les 27% de la production électrique en 2030 ? Le taux actuel des énergies renouvelables dans le mix-énergétique est de l’ordre de 2%. Il serait ainsi difficile de concrétiser l’objectif minima de 27%, compte tenu des contraintes qui font obstacle à ce programme.
Il faudrait faire appel à des IDE en partenariat, mais cela reste conditionné par la mise en œuvre des réformes dans tous les domaines y compris dans les subventions, fait observer Tewfik Hasni, spécialiste des questions liées au renouvelable, dans une de ses déclarations récentes. Pourtant, la réalisation des programmes du renouvelables devrait être possible avec la réduction du coût de production de l’électricité à travers la fabrication, localement, des différents équipements utilisés. Le pays perpétue ainsi un modèle de consommation d’énergie hybride et coûteux, basé sur le pétrole et le gaz, le mix-énergétique pouvant attendre ! L’actuel modèle s’essouffle en réalité. Le pays est appelé à l’abandonner. De plus, il est gaspilleur, comme on peut le voir dans l’explosion de la consommation de l’énergie électrique et des produits pétroliers. Le pays était jusqu’ici moins regardant sur la consommation, parce qu’il vivait dans l’opulence, et disposait de revenus lui permettant d’importer ce dont il avait besoin y compris du carburant. La consommation globale des carburants a atteint 14,68 millions de tonnes (Mt) en 2017 contre 14,94 Mt en 2016, soit une baisse annuelle de 1,7%. Elle n’avait pas fléchi sur les dix dernières années. Dans un document élaboré par le laboratoire de valorisation des énergies fossiles de l’Ecole nationale polytechnique (ENP) à Alger, un organisme que dirige Chems Eddine Chitour, un expert en énergie, il a été mentionné que la consommation avait culminé à 13.4 millions de tonnes en 2013 et à 14.8 millions de tonnes en 2014. Il y est ajouté que la consommation en carburants en 2012 était de 12.24 millions de tonnes, dont 8.95 millions tonnes en essences et 3.29 millions de tonnes en gasoil.
Le pays n’étant pas vraiment regardant sur les questions environnementales, la consommation du gasoil a connu ces dernières années une forte augmentation, enregistrant des taux très élevés à l’échelle nationale puisqu’elle est passée de 3,69 millions de tonnes en 2000 à 8,95 millions de tonnes en 2012. Par ailleurs, l’Algérie est classé 8e pays au monde où le carburant est le moins cher. Dans ce classement, les dix premiers sont le Venezuela, suivi par la Libye, l’Arabie saoudite, le Turkménistan, le Koweït, le Bahreïn, l’Iran, l’Algérie, le Qatar, l’Egypte.