«Une alliance profonde entre l’Algérie et la France pourrait changer la phase du monde dans la région». Cette déclaration du ministre français de l’intérieur Gerard Collomb à l’occasion de la rencontre walis-préfets, avant-hier à Alger, reste symptomatique des bonnes relations en vigueur entre les deux pays et les perspectives de coopération communes.

Le ministre français de l’Intérieur a plaidé pour que l’Algérie et la France travaillent de concert dans l’objectif de recréer une zone de paix, de prospérité et de développement autour de la Méditerranée. « Les deux pays peuvent devenir des acteurs qui aideront à recréer une zone de paix, de prospérité et de développement autour du Bassin méditerranée.» Avec son homologue Noureddine Bedoui, le ministre français a encouragé « à écrire les nouvelles pages d’un livre, lequel permettrait aux deux pays de continuer à aller de l’avant, de porter un message de paix, de fraternité, de solidarité et de développement à l’ensemble des pays des deux côtés de la Méditerranée ».
Les deux pays semblent inscrits dans une dynamique de coopération entre les administrations « s’inscrivant au quotidien, s’engageant en même temps à faire tout pour que les relations soient plus fluides et plus efficaces entre les responsables des administrations de l’Algérie et de la France », notera le responsable français. « Nos services d’inspections respectives et les walis ont engagé un cycle de coopération intense portant notamment sur l’audit et les risques d’action administrative », a-t-il dit, précisant que de « nombreux cadres des deux pays ont pu bénéficier de formation et d’échange d’expérience». Rappelant que la coopération entre l’Algérie et la France touche à plusieurs domaines, M. Collomb a indiqué qu’elle doit être aussi institutionnelle. « Même si les contextes sont différents, nos défis sont les mêmes et nous avons beaucoup à apprendre des uns des autres», dira-t-il.

Coopération décentralisée
La rencontre en question s’est penchée sur les questions d’échanges et de coopération décentralisée entre les départements de l’Intérieur de l’Algérie et de la France. Une opportunité intéressante notamment pour la partie algérienne concernant les questions d’organisation et la possibilité de s’imprégner de la qualité du service public qui fait toujours défaut de ce côté-ci de la Méditerranée. Une opportunité d’enrichir et de consolider les départements des deux pays respectifs en matière de gouvernance locale, notamment dans les domaines de l’attractivité et le développement économique du territoire, la gestion des grands centres urbains et du management des situations de crises et des risques majeurs.
Cette coopération décentralisée s’est concrétisée notamment par des accords entre la wilaya de Annaba et la communauté urbaine de Dunkerque, la wilaya de Sétif et la métropole de Lyon, la wilaya de Adrar et le conseil général de la Gironde, la wilaya de Alger et la mairie de Paris ainsi que la commune de Oran et la mairie de Bordeaux. Des accords qui pourraient apporter un plus dans les échanges d’expérience en matière de gouvernance locale. De son côté, le ministre de l’Intérieur Noureddine Bedoui rappellera que les échanges entre les walis et préfets « produiront de nouveaux projets de coopération et la dynamique souhaitée pour un second souffle dans notre coopération bilatérale ».
Bedoui a estimé que le bassin méditerranéen, étant la plus grande zone de coopération internationale, est également « le plus grand espace caractérisé par des défis sécuritaires étendus et divers, allant de l’immigration clandestine, des réseaux de contrebande, de trafic de drogue, du terrorisme à la criminalité transnationale ». L’attractivité et le développement économique du territoire ont été au centre de la rencontre. Des thématiques qui arrivent à temps notamment dans un contexte mondial marqué par l’émergence de nouveaux acteurs économiques et un nouveau mode de consommation. Les deux parties auront eu l’occasion d’échanger sur les initiatives existantes en matière d’attractivité économique du territoire, découvrir les approches algériennes et françaises en la matière, cibler les principaux enjeux, ainsi que la mise en relief des pistes possibles pour améliorer la coopération bilatérale.