Aucune entreprise étatique n’intégrera la Bourse d’Alger. La décision des pouvoirs publics d’abandonner le projet d’introduire en Bourse des entreprises publiques est liée au rétrécissement des liquidités bancaires, a indiqué jeudi Yazid Benmouhoub, directeur général de la Société de gestion de la Bourse des valeurs (SGBV).

Ce choix des pouvoirs publics, annoncé à la fin 2017 par le Premier ministre Ahmed Ouyahia, rappelle M. Benmouhoub, est aussi dicté « par la conjoncture financière que traverse le pays, à savoir un manque drastique de liquidités bancaires ». Une situation où le marché financier devrait jouer un rôle alternatif, selon le même responsable. Chiffres à l’appui, il a rappelé que les liquidités bancaires sont passées de 2,73 milliards (mds) de dinars en 2014 à 1,83 mds de dinars en 2015, à 821 millions de DA en 2016 pour chuter à 512 millions de dinars en septembre 2017. Mais pour le même responsable, intervenu jeudi lors d’une journée d’information sur la Bourse d’Alger comme mécanisme de financement alternatif pour les entreprises, organisée au siège de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (Gica), il s’agit d’une décision qui sera bénéfique pour les PME désirant s’orienter vers des levées de fonds à travers une introduction en Bourse. « Les entreprises publiques ne sont plus sur la liste des sociétés à introduire en Bourse. C’est le choix des pouvoirs publics et c’est un choix bénéfique pour le marché », a-t-il estimé, ajoutant qu’une éventuelle introduction en Bourse des entreprises publiques aurait un effet d’éviction sur les PME.
«Car des sociétés comme le CPA ou Mobilis, si elles ouvrent 20% de leur capital, vont certainement attirer les investisseurs au détriment des PME qui n’ont pas les mêmes capacités d’attrait», a-t-il argumenté.
Pour rappel, le Conseil des participations de l`Etat (CPE) avait donné, en 2013, son aval à huit entreprises publiques pour l’ouverture ou l’augmentation de leur capital social à travers la Bourse. Il s’agit de trois cimenteries relevant du groupe public Gica (dont celle d`Aïn Kebira), du Crédit populaire d`Algérie (CPA), de la compagnie d’assurance CAAR, de Cosider Carrières (filiale du groupe Cosider), de l’entreprise Hydro-aménagement et de Mobilis.
Mais la souscription de la Société des ciments d’Aïn-Kebira (SCAEK) en 2016 a été déclarée « infructueuse » et retirée.
Invitant les PME algériennes à s’introduire en Bourse pour augmenter leurs capacités de financement et bénéficier en outre de plusieurs avantages fiscaux, M. Benmouhoub a annoncé la finalisation de l’introduction en Bourse, durant le semestre en cours, de la PME privée AOM Invest spécialisée dans le tourisme thermal.
A noter qu’après vingt ans d’existence, la Bourse d’Alger ne compte aujourd’hui dans son portefeuille que cinq titres que sont Saïdal, El-Aurassi, Alliance Assurances, NCA Rouiba et Biopharm, avec une capitalisation boursière inférieure à 40 mds de dinars, un en cours des obligations du Trésor autour de 400 mds de dinars et quelque 13 000 investisseurs.