Une des frustrations les plus pénibles des adoptants est la privation d’informations sur le vécu de leur enfant avant son adoption.

Outre que cette situation les distingue de toute famille biologique, elle les prive d’une partie de la vie de leur enfant et de la possibilité de lui apporter les réponses aux questions qu’il viendrait à poser sur ses premiers signes de vie.
Le jardin secret d’un bébé, affectueusement tenu par sa berceuse de référence, se propose de pallier cette frustration. Il est remis à sa famille le jour de son départ en même temps que la peluche qu’il a trouvée dans son berceau à son arrivée en pouponnière.
Dans le carnet sont consignées toutes les informations qui le concernent et qu’elles ont jugées importantes depuis son accueil. Ses réactions aux événements, qui vont du premier bain à son éveil à l’environnement, des visites maternelles aux premières sorties, des prémices de son éveil aux relations avec les autres.
Le « jardin secret » est la mémoire de tout ce qui, habituellement, se transmet oralement par les parents sur cette période où le souvenir de l’enfant a besoin de repères pour émerger.
En l’absence de repères s’installe un vide dérangeant que le jardin secret peut permettre aux familles adoptives de combler et à l’enfant et, plus tard, l’adulte de se sentir complet, d’expliquer certaines de ses attitudes et de prendre conscience de l’attention qui lui a été de tout temps portée.
J. T