Le phénomène de l’immigration clandestine, qui touche de plus en plus les pays d’Afrique du Nord, doit être traité en prenant en compte l’impératif sécuritaire et le devoir humanitaire, a souligné le président de la République Abdelaziz Bouteflika dans son message adressé aux participants à la  35e session du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur qui se tient dans notre pays.

Pour le chef de l’Etat, l’Algérie comprend parfaitement les conditions qui poussent des populations entières à quitter leurs pays pour aller chercher un monde meilleur ailleurs. Ces populations ont trouvé l’assistance, l’aide et la compréhension en arrivant en Algérie. Toutefois, précise le Président, les réseaux de trafic d’êtres humains, qui organisent les déplacements de ces populations, doivent répondre de leurs actes. Autrement dit, les Etats sont appelés à être fermes avec ces réseaux qui instrumentalisent les conditions vulnérables des populations à des fins inhumaines.
«A l’évocation de tous ces défis, l’on ne peut occulter un autre phénomène non moins dangereux et menaçant la stabilité de notre région arabe, il s’agit de la migration clandestine qui commence à prendre des dimensions inquiétantes, notamment au cours des dernières années», affirme le chef de l’Etat. Il ajoute : «De nombreux pays arabes sont devenus la destination de vagues incessantes de migrants étrangers poussés par les conditions sécuritaires prévalant dans leurs pays, à émigrer vers nos pays, soit pour s’y installer temporairement soit pour transiter vers d’autres destinations».
Pour Abdelaziz Bouteflika, il n’est plus possible de fermer les yeux sur l’activité de ces réseaux de trafic d’êtres humains. «S’il est clairement établi que ce phénomène est lié à une situation humanitaire particulière, qu’il est de notre devoir de considérer et, par conséquent, prendre en charge ces migrants, il est indiscutable que nous ne pouvons fermer les yeux sur l’activité des réseaux criminels qui exploitent la vulnérabilité de ces migrant dans des actions visant la stabilité et la sécurité de nos pays», a-t-il noté, tout en rappelant l’impératif de respecter les droits de l’Homme.
L’Algérie, de par ses principes humanitaires, la culture d’hospitalité innée chez notre peuple et par devoir de protection envers les victimes des conflits et des troubles, a très tôt accueilli les réfugiés venus de différentes régions et permis aux ressortissants des pays secoués par les conflits d’accéder à son territoire et de s’y établir, fait savoir le Président. «L’Algérie a veillé à trouver des solutions pratiques et adéquates pour prendre en charge le phénomène de migration et des migrants selon une vision globale qui prend en considération les exigences en matière de sécurité, de développement et de respect de la dignité humaine, tout en focalisant sur la dimension humaine des migrants et des réfugiés, véritables victimes des crises qui les ont conduits à emprunter cette voie», indique encore le président de la République