Une session extraordinaire du conseil national du Front des forces socialistes (FFS) est prévue demain. Elle a pour mission de trancher la question de la tenue ou pas d’un congrès extraordinaire du parti, tel qu’exigé par les statuts du parti, suite à la démission d’Ali Laskri de l’instance présidentielle.

Sa démission, pour rappel, vient après le départ de Saïda Ichalamène et l’exclusion de Rachid Hallet. Cette même instance compte, actuellement, seulement deux personnes, ce qui la rend, aux yeux des statuts du parti, caduque et nécessite, de ce fait, la convocation d’un congrès extraordinaire, puisque le congrès ordinaire qui devait se tenir l’an passé n’a pas eu lieu. La crise qui secoue le vieux parti de l’opposition exprime en fait une crise profonde au sein du parti fondé par le défunt Hocine Aït Ahmed. Elle renseigne, on ne peut plus clairement, sur les dissensions qui minent les structures du FFS. A commencer par les tenants du statu quo qui veulent « modérer » les positions du parti, comme le dénoncent plusieurs militants, dont des membres du conseil national. A côté de ce que ces militants appellent « une dérive » de la direction, la mainmise de certains responsables sur les structures du parti, soldée par plusieurs exclusions, a été décriée par plus d’un. Selon un membre du conseil national, « la session de demain est très importante » dans la mesure, a-t-il souligné, où elle « mettra un terme à la mainmise de certains sur les structures du parti et imposera le respect des statuts et du règlement intérieur, comme seule référence pour la gestion du parti ». Interrogé sur les tendances actuelles au sein de cette instance, il a indiqué que « la majorité pense que le FFS doit retrouver sa place au sein de la classe politique ». « Une place, a-t-il précisé, qui lui confère un rôle de moteur pour le projet démocratique ». Notre interlocuteur regrette que « des responsables veulent faire du parti un moyen de s’assurer une carrière dorée et même un tremplin pour un entrisme au pouvoir ». Un autre membre a souligné que la session de demain est « très attendue » dans la mesure où « les militants attendent avec impatience ses résolutions finales quant à la tenue ou pas d’un congrès extraordinaire ». « Il est difficile de parier sur une victoire d’une aile ou de l’autre », estime-t-il. Ajoutant que « la direction s’est donnée le temps pour manœuvrer. Et seule une cohésion et une convergence des points de vue peuvent sauver ce qui peut l’être au sein du parti ». Pour rappel, la crise qui couve au sein du FFS remonte au congrès de mai 2012, où une instance présidentielle, composée de cinq membres, a été élue par les congressistes. Elle avait pour mission d’assurer la transition après le retrait de Hocine Aït Ahmed de la présidence du parti.
Sauf que depuis 2012, cette même instance, affaiblie par l’exclusion de Rachid Hallet et le départ de Saïda Ichalamène, ensuite Ali Laskri, s’entête à ne tenir ni un congrès ordinaire et encore moins un congrès extraordinaire, dans le but, accusent des militants, « de vider le parti de toute voix discordante ou appelant au respect des textes du parti »