Contrairement à la grève déclenchée au mois de novembre dernier qui a paralysé l’ensemble des établissements scolaires de la wilaya de Tizi-Ouzou, notamment ceux du palier du secondaire, celle d’hier a été faiblement suivie. Une situation qui a soulagé le directeur de l’éducation (DE)

, Ahmed Lalaoui, qui a salué les enseignants qui n’ont pas répondu au mot d’ordre de grève illimitée. Contactés par nos soins en début d’après-midi, les représentants de la coordination locale du Cnapeste n’étaient cependant pas en mesure d’établir un taux de suivi du mouvement de protestation. « A l’heure actuelle, 13 heures (Ndlr), nous ne disposons pas de taux de suivi de cette grève. Nous sommes en grève, mais nous ignorons le taux d’adhésion à ce mouvement de protestation que nous comptons rendre public ultérieurement », a affirmé le coordinateur local du syndicat enseignant, Abderrahmane Ouaked. Pour beaucoup à Tizi-Ouzou-ville et sa proche région, l’ouverture des portes des écoles, collèges et lycées, hier, ainsi que la poursuite normale des cours permettent d’être optimiste et d’éloigner le spectre de l’année blanche qui planait durant ces derniers jours sur les esprits, notamment après la grève déclenchée le 21 novembre dernier par le même syndicat et les retards pris par les élèves dans leurs cours. Pour beaucoup aussi, le taux de suivi mitigé observé hier dénote de la perception positive qu’ont beaucoup d’enseignants de la région des négociations et des résultats obtenus par le syndicat à l’issue de la grève déclenchée en novembre dernier et à laquelle il a été mis fin le 10 janvier dernier. D’ailleurs, de nombreux enseignants qui ont suivi la grève, hier, ont affirmé compter « ne pas aller au-delà d’une journée de débrayage », selon une déclaration à Reporters d’un professeur de lycée de la daïra d’Aïn El Hammam et membre du conseil de wilaya du Cnapeste. Mais contrairement à Tizi-Ouzou, Boumerdès a fait figure de noyau dur du mouvement auquel a appelé le Cnapest. Dans cette wilaya, la grève a été largement suivie. Les enseignants affiliés au syndicat sont entrés en grève dans 47 lycées sur les 48 qui existent. « Le taux de suivi du mouvement dépasse les 85% dans le secondaire », a déclaré à Reporters M. Si Youcef, responsable local du Cnapeste. Dans le cycle moyen, le taux de suivi est de 87% où pas moins de 140 établissements ont été paralysés, alors que dans le cycle primaire, le taux de débrayage, plus faible, a été de l’ordre de 11%. Seuls des enseignants de 40 écoles sur les 358 de la région ont répondu favorablement au mot d’ordre de grève, a ajouté notre interlocuteur. A l’est du pays, notamment à Annaba, la quasi-totalité des établissements du secondaire était paralysée. Selon M. Bouakira, représentant de ce syndicat enseignant, 90 % des enseignants du secondaire ont suivi le mot d’ordre de grève, dans le cycle moyen et ce taux varie entre 60 et 80 % et dans le primaire la grève a été diversement suivie, certains établissements ont continué à fonctionner normalement par contre d’autres ont débrayé. «Nous voulons juste que les engagements pris par la tutelle lors des dernières rencontres soient concrétisés», nous a-t-il expliqué. La situation n’est pas la même au niveau des CEM, puisque près de 50 % ont continué à travailler normalement, les autres ayant suivi ce premier jour pourraient reprendre aujourd’hui. Il a rappelé que les raisons du bras de fer entre le Cnapest, qui fait désormais figure du syndicat enseignant le plus radical de la corporation, et le ministère de l’Education nationale remontent à l’année 2015. Le syndicat accuse la tutelle de ne pas avoir honoré les P-V « pourtant conjointement signés » sur les promotions de carrière et la médecine du travail, a expliqué le syndicaliste Si Youcef de Boumerdès. « La clef de la solution est entre les mains du ministère de l’Education », dira-t-il, tout en comprenant l’inquiétude des parents pour la scolarité de leurs enfants.