La journée de soutien au mouvement de grève initié par les médecins résidents a eu un effet des plus bénéfiques pour ces derniers.

Mardi passé, le soutien des autres médecins et spécialistes de la santé publique se voulait « une assistance à cette frange des médecins qui n’a demandé que ce qu’il fallait : une suppression du service civil qui n’a plus de raison d’exister, un bénéfice de la carte jaune après trente ans comme pour tous les universitaires, et surtout des conditions de formation et de travail à même d’aider ces résidents pour une meilleure prise en charge du malade », nous dira un professeur en médecine interne du CHU. Le mouvement de soutien qui était hésitant s’est transformé en plus consistant dès la bastonnade des résidents à l’hôpital Mustapha d’Alger. Dès lors, les plus hésitants au soutien aux résidents ont fini par rejoindre le mouvement d’adhésion. C’est ainsi qu’un mouvement important s’est constitué au sein de la structure hospitalière du CHU. Des professeurs et des docents ont assisté, sans se manifester, au mouvement initié hier dimanche, comme nous avons pu le constater.
Après un sit-in qui n’a pas duré longtemps, une marche a été initiée pour traverser les principales artères de la ville, jusqu’au pont Salah Bey. Un deuxième sit-in y sera organisé, puis retour vers le CHU. « Une correspondance de la wilaya nous a invités à rencontrer le wali, mais nous avons décliné l’offre, puisque la solution à nos problèmes se trouve au sein du ministère de la Santé et au Premier ministère », nous dira un des représentants des résidents.
Quoi qu’il en soit, le mouvement a été très largement suivi.
« Nous étions plus de 1500 personnes à embrasser la grève », nous certifiera un résident rencontré au CHU. « Le mouvement n’a pas dépassé la barre des 700 personnes », nous assurera une autre version, celle de l’administration du CHU. En tout état de cause, même si les professeurs et docents ont limité leur mouvement à l’intérieur des murs du CHU, les « marcheurs» ont quand même impressionné par le nombre d’adhérents. De visu, et selon notre propre estimation, ils étaient plus de mille à battre le pavé. Néanmoins, les résidents, et comme lors du mouvement de grève du mois de novembre, ont tenu à assurer les gardes et les urgences. « Le service minimum est assuré », nous garantira un résident, suppléé par un cadre administratif du CHU qui attestera de la présence des résidents aux gardes et aux urgences. Il faut aussi souligner le sang-froid et le professionnalisme des agents de l’ordre qui, malgré quelques provocations écrites ou verbales, se sont astreints à encadrer uniquement le mouvement extra muros, empêchant tout débordement, surtout externe aux organisateurs.