L’instabilité continue de secouer le secteur de la santé publique. Après les médecins résidents qui mènent depuis des semaines un mouvement de protestation qui se radicalise au fur et à mesure, c’est au tour des paramédicaux d’annoncer le retour au débrayage et la fin de la trêve qu’ils ont conclue avec le ministère de la tutelle en octobre 2016.

«Le conseil national refuse de cautionner la dérive dont fait l’objet actuellement le secteur de la santé et décide d’interpeller les pouvoirs publics pour mettre un terme aux dépassements soulevés par la corporation des paramédicaux», peut-on lire dans l’appel à la grève diffusé par l’organisation syndicale. En effet, le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) a lancé un appel à tous ses adhérents à travers tout le territoire national pour entamer une grève cyclique de deux jours, et ce, à partir du 8 janvier et une autre de trois jours à compter du 15 du même mois. À travers leur action, les paramédicaux veulent dénoncer ce qu’ils qualifient «d’indifférence des autorités du secteur public face aux agressions contre le personnel paramédical». L’insécurité est devenue le souci numéro un du personnel médical qui subit régulièrement de la violence physique et verbale de la part des patients et leurs accompagnateurs, notamment durant les gardes de nuit.
Les mesures prises jusque-là pour assurer la sécurité du personnel médical n’ont pas donné les résultats escomptés. Le syndicat ajoute à ce motif, le manque de dialogue avec leur ministère de tutelle qui a changé d’attitude envers les partenaires sociaux depuis le dernier remaniement ministériel. Additivement à cela, le SAP déplore le manque de moyens humains et matériels constaté dans tous les établissements de santé publique. Une remarque que partage avec eux, le Syndicat national autonome des praticiens de la santé publique (Snpsp). Sur le chapitre lié aux revendications socioprofessionnelles, le Syndicat algérien des paramédicaux réclame la révision du plan de carrière des paramédicaux et sages-femmes, le maintien du système LMD de formation des paramédicaux, le renforcement des mesures de sécurités dans tous les établissements de santé publique notamment la nuit. Sur le volet du respect des libertés syndicales, le Sap appelle la tutelle ainsi que les hautes autorités du pays à intervenir pour mettre un terme aux dépassements dont sont victimes ses délégués en exerçant leurs activités. Il cite des cas concrets enregistrés dans les wilayas de Djelfa et Béjaïa. Membre fondateur de l’intersyndicale, le SAP s’est retiré de cette organisation en octobre 2016, après avoir reçu de l’ex ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière Abdelmalek Boudiaf des garanties relatives à la prise en charge de sa plateforme de revendications. Il s’agit essentiellement de l’inscription des paramédicaux dans la liste des métiers pénibles qui bénéficieront du droit à la retraite anticipée et celle sans conditions d’âge.