Dans une étude publiée récemment, le groupe britannique d’experts économiques, Oxford Business Group (OBG) considère que les perspectives économiques restent « positives », et ce, en dépit de la chute des recettes pétrolières du pays qui ont connu un déclin à partir de 2014.

Néanmoins, cet optimisme reste nuancé chez OBG à propos des nouvelles mesures fiscales introduites par la loi de finances 2018. Et pour cause, une majorité des opérateurs économiques algériens sondés dans le cadre de cette enquête estime que l’environnement fiscal est «désavantageux ou très désavantageux». Ce qui pousse OGB à considérer que « si ces mesures devraient permettre de renflouer les caisses de l’Etat, d’aucuns craignent que ces taxes et impôts récemment mis en œuvre ne constituent un frein à la consommation du secteur privé dans certains segments, notamment avec la hausse des taxes et des prix prévue en 2018».
Citant la procédure d’imposition dans d’autres pays, l’étude indique qu’aux Etats-Unis, les taux sont plus élevés et que le Danemark est le pays où l’on paye le plus d’impôts. Toutefois, cette manne d’argent sert aussi à financer des services qui deviennent gratuits, à l’exemple des soins à l’hôpital où la piscine gratuite pour les enfants. Autrement dit, l’argent des impôts dans ce type de pays est versé au compte du bien-être social et le bien-être commun.
« En Algérie, nous ne sommes pas si mal lotis en terme d’imposition », estime pour sa part l’expert en fiscalité, Abdeslam Medjoubi. « Ce que paye l’entreprise, c’est l’impôt sur les bénéfices des sociétés, l’IBS. La TVA est payée par le consommateur final, l’IRG est retenue sur le salaire de l’employé » ajoute-t-il.
Pour rappel, l’IBS oscille entre 19 et 29%, selon les secteurs concernés. « L’Etat est en quelque sorte associé à l’entreprise. Cette association permet par exemple l’aménagement des structures routières et l’entretien de celles-ci », souligne l’expert qui tempère cependant le contexte fiscal national, considérant que «les entreprises ne s’acquittent pas de l’impôt de façon équitable et elles ne bénéficient pas des avantages comparatifs que doit engendrer la fiscalité ordinaire ».
M. Medjoubi regrette aussi que des entreprises « ne s’acquittent pas de la totalité de leur impôt, sachant qu’une partie de leur activité n’est pas déclarée ». Dans la même logique de remise en cause, des chefs d’entreprise pointent du doigt une autre spécificité du système fiscal, à savoir l’obligation qui leur est faite de s’acquitter de l’IBS à travers des acomptes provisionnels. « L’Etat est dans son droit, mais pour moi, il est préférable que l’IBS soit versé à une échéance annuelle », plaide Abdeslam Medjoubi, estimant que le versement d’acomptes provisionnels aux services fiscaux de façon trimestrielle sur la base du bilan de l’année précédente exige une bonne gestion de la part du chef d’entreprise.

Le pétrole « continue de peser sur l’économie »
Outre le contexte de la fiscalité, le rapport d’Oxford Business Group évoque le climat des affaires en Algérie. Le cabinet d’experts rapporte qu’une étude récente qu’il a menée auprès de chefs d’entreprise a montré que 61 % d’entre ces derniers avaient des attentes « positives ou très positives » quant au climat algérien des affaires pour les 12 mois à venir. D’autre part, 70 % des chefs d’entreprises sondés ont déclaré qu’il était « probable ou très probable » que leur entreprise consacre des investissements en capitaux significatifs en 2018. Concernant les recettes liées aux hydrocarbures, OGB souligne que la reprise du secteur de l’énergie a continué à porter la croissance courant 2017. Cependant, le cabinet britannique avise que la dépendance continue des recettes issues de la vente d’hydrocarbures laisse le pays « exposé aux chocs extérieurs ».
Le document précise, en ce sens, que, si la performance du secteur énergétique qui finance une grande partie du budget de l’Etat et représente la grande part des exportations devrait porter la croissance économique globale du pays à l’avenir, la baisse des recettes enregistrée depuis le déclin du cours du pétrole en 2014 « continue de peser sur l’économie ». La baisse de la rente pétrolière, note encore OBG, n’empêchera pas de relever les dépenses du gouvernement de 25 %, dont une grande partie sera consacrée à la relance des projets d’infrastructures.