Au lendemain du sit-in national des médecins résidents tenu le 3 janvier au CHU Mustapha-Pacha et la tournure violente qu’il a prise, où des arrestations et des dizaines de blessés ont été enregistrées lors d’échauffourées avec les forces de l’ordre, le collectif du Camra a décidé de consulter le Conseil de l’ordre des médecins dans l’objectif de déposer une «plainte collective».

D’ailleurs, une réunion entre les deux parties est prévue à cet effet dans les jours prochains, alors qu’en parallèle, des sit-in de médecins seront organisés dès aujourd’hui dimanche en solidarité avec les résidents violentés en attendant la grande journée de mardi, où une démonstration nationale est prévue. Actuellement, selon le représentant du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), Mohamed Taileb, «les plaintes individuelles des blessés sont en train d’être récoltées afin de poursuivre les policiers en justice ».
«Nous devons le faire pour nous protéger», a-t-il justifié, en ajoutant que les rumeurs qui parlent de l’agression par des résidents de policiers «sont infondées et illogiques». «Il n’y a eu aucune violence de notre part», soutient-il, en insistant sur le fait que la police a utilisé des bâtons interdits dans ce genre de situation : «20 personnes ont été blessées par ces bâtons», témoigne-t-il en rappelant que les résidents «étaient dans leur droit de réclamer des revendications socioprofessionnelles légitimes». Ce faisant, les résidents vont même durcir le ton.
Ils ont décidé de boycotter l’examen des études médicales spécialisés (DEMS) à partir d’aujourd’hui. C’est hier que le Camra a réuni ses membres dans le but d’étudier les modalités de ce boycott, approuvé par la majorité des résidents.

La protestation déborde dans la rue
Le mouvement de contestation des résidents, qui dure depuis deux mois, va encore se poursuivre par l’organisation de sit-in à travers les Centres Hospitalo-universitaires. Cette fois, c’est dans la ville d’Oran où aura lieu demain le deuxième sit-in national suivi d’une marche.
A propos des récentes déclarations du conseiller du ministre de la Santé, Selim Belkessam, selon lesquels les portes de dialogue «demeurent ouvertes», le représentant du Camra a répondu que c’était du «baratin». «On a déjà rencontré le ministre, il nous a répondu qu’il ne peut rien faire pour nous», a expliqué le Dr Taileb, en ajoutant que les propositions du ministre ne répondent pas aux attentes des résidents.
«En tant que premier responsable du secteur, le ministre n’a même pas pris la peine de se déplacer pour calmer la situation», s’est plaint le représentant du Camra tout en assurant que les résidents sont prêts à revenir au dialogue avec le ministre «à condition qu’il ait des propositions concrètes».
Concernant les revendications qui relèvent du ministère de l’Enseignement et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar a déclaré hier lors de sa rencontre avec les organisations estudiantines que son département a installé une commission mixte qui sera chargée d’étudier les revendications légitimes des résidents. Le ministre a rappelé que les portes du dialogue sont toujours ouvertes aux résidents.