« Apparemment, le décès par pendaison ne laisse planer aucun doute, mais des indices pourraient orienter l’enquête vers une autre raison que le jeu de la Baleine bleue. » Encore sous le choc du décès du petit Haithem, un garçon de 13 ans, la jeune docteur du service de réanimation du CHU ne croit pas que la mort de Haithem soit liée directement au jeu macabre.

« La police scientifique, l’autopsie et le témoignage de ses proches pourront éclairer les causes de la mort d’un gosse à peine sorti de l’enfance », se contentera-t-elle de rajouter. La police scientifique, en effet, a investi les lieux, juste après l’admission de Haithem aux urgences, et a dressé un « territoire » propre à ne pas souiller, en quête d’indices sur le cadavre.
C’est aux premières lueurs de l’aube que le garçon habitant de la Cité populeuse et populaire des frères Abbas, « Oued El Had », a été ramené à l’hôpital par un voisin, « dans un état de détresse respiratoire aigu ». Ses parents, qui se manifesteront plus tard, déclareront qu’ils ont découvert leur enfant pendu à l’aide d’une écharpe à la porte de la salle de bains, aux environs de 3 h du matin du vendredi. Malgré une prise en charge efficiente, le jeune Haithem rendra l’âme vers 8 h du matin. Choc et accablement chez les habitants de la Cité des frères Abbas, ainsi que la proche famille venus s’enquérir de l’état de santé du petit garçon. Si on a soupçonné, aux premiers abords que le jeu du «défi de la baleine bleue» (Blue Whale Challenge) serait à l’origine du suicide présumé de Haithem, du fait qu’il portait sur son bras gauche, ainsi que le haut des bras gauche et droit un tatouage grossier qui ressemble à un poisson, des signes « suspects », comme déclaré plus haut par une médecin, pourrait orienter les enquêteurs vers un autre motif. Néanmoins, il faudrait attendre les suites de l’investigation en cours pour déterminer avec conformité les causes qui ont poussé le petit Haithem, scolarisé en première année moyenne, à mettre fin à ses jours. Pour rappel, le jeu en question, créé par un russe de 21 ans, qui a fait plusieurs victimes ces derniers mois, a provoqué une véritable alerte dans tout le pays. La responsable de la Délégation nationale pour la protection des enfants (DNPE) a assuré il y a deux mois que ce jeu morbide et fatal ne serait plus accessible depuis la toile en Algérie. C’est chose faite, puisque l’accès direct à la Baleine n’est plus disponible, sauf que l’on peut contourner « l’interdit » par le biais des réseaux sociaux, Facebook notamment. Le petit Haithem qui ne possédait pas de Smart phone, « passait des heures entières dans un cybercafé du coin, jusqu’à une heure tardive de la nuit », témoigneront plusieurs de ses camarades de classe, sans préciser s’il était un accroc de « la Baleine bleue ».