Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a mis en place un groupe de travail et de réflexion chargé d’étudier la problématique des dangers liés à l’exposition non contrôlée des enfants à Internet, indique un communiqué du ministère publié hier.

« Ce groupe, composé d’experts en santé mentale notamment des pédopsychiatres, des psychologues cliniciens et des responsables de la santé scolaire, devra proposer les mesures à mettre en œuvre en matière de prévention et de prise en charge des effets induits chez les enfants par l’utilisation non contrôlée de l’Internet notamment certains jeux dangereux comme le défi de la Baleine bleue », précise la même source. Ce groupe de travail sera élargi aux différentes associations nationales des parents d’élèves à l’effet d’impliquer la société civile en matière de sensibilisation, conclut le communiqué. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement prend une telle initiative. Avant le ministère de la Santé, l’Education nationale a annoncé lui aussi avoir élaboré une circulaire ministérielle pour sensibiliser les élèves aux dangers de l’usage abusif d’Internet. La ministre de l’Education, Nouria Benghebrit, avait appelé récemment à la conjugaison des efforts pour sensibiliser les enfants aux dangers du jeu de « la Baleine bleue », soulignant qu’il s’agit de « sensibiliser et non d’interdire ». Pour sa part, la ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique, Houda Iman Feraoun avait affirmé à la même période qu’« il n’y a pas un site précis du jeu La Baleine Bleue que l’on puisse bloquer », estimant que « la sensibilisation des enfants et la nécessité pour les parents de contrôler leurs activités sur Internet était la seule solution ».
Selon les dernières informations, «La Baleine bleue» (blue whale challenge), ce jeu de défi morbide comportant cinquante défis a provoqué selon toute vraisemblance un autre cas de suicide vendredi dernier à Lioua, une commune située à 40 km de Biskra. Il s’agit d’une adolescente de 14 ans, découverte pendue à l’intérieur du domicile familial. Face à ces cas de suicide, la prudence est toutefois de mise avant les conclusions d’enquête menées à ce sujet.
« Au réseau Nada, nous avons déduit que les suicides ne sont pas uniquement liés au jeu macabre de la Baleine bleue. Ce jeu n’est que la goutte qui a fait déborder le vase », a déclaré hier à Reporters son président. Abderrahmane Arrar explique « que nombre d’enfants en Algérie sont victimes de harcèlement, d’attouchements sexuels et de maltraitance ». Quand il y a un lien avec le jeu morbide, ajoute notre interlocuteur, des enfants maltraités « acceptent facilement l’ultime challenge qui consiste à se donner la mort par pendaison ou se jeter du haut d’un pont ou d’un immeuble ». Selon M. Arrar, ce ne sont pas uniquement les centres urbains qui sont concernés, réputés synonymes de mal-vie et de malaise social, le milieu rural n’est pas lui aussi exempt du phénomène. Il arrive que le jeu de la « Baleine bleue » aggrave des cas d’enfants déjà traumatisés et détruise leurs vies, a poursuivi M. Arrar. Le jeu n’est pas le seul motif qui mène nos enfants au suicide, a-t-il encore fait remarquer.