Après le Conseil national des enseignants du supérieur de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou (Cnesto), le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes, aile Abdelmalek Azzi) se démarque, à son tour, de l’appel à la grève du 14 janvier, annoncé par la coordination des syndicats du supérieur (Cnes aile Abdelhafid Milat, UGEL et UNJA).

«Le Conseil national du Cnes, vu les développements que connaît la scène syndicale au niveau national et à l’échelle de l’université, et au regard de ce que colportent les dissidents du Cnes, nie une quelconque alliance avec les étudiants et dénonce les décisions prises par des personnes qui ne concernent en rien le Cnes et ses adhérents», écrit le Cnes dans un communiqué de presse rendu public hier. «Les dissidents qui appellent à la grève le 14 janvier 2018 tentent de servir des lobbys dont le seul intérêt est de créer la confusion et le chahut sur l’activité syndicale véritable, et dans l’intention de réaliser des objectifs douteux», poursuit le Cnes.
«Nous gérons une situation compliquée contre des énergumènes», explique Abdelmalek Azzi, coordinateur du CNES, dans un entretien à Reporters. «Aujourd’hui Abdelhafid Milat (le coordinateur contesté du Cnes, ndlr) veut utiliser les étudiants». « C’est de la manipulation inacceptable. Milat utilise les étudiants.
Aucun enseignant ne fera grève. Aucun travailleur ne fera grève. Les étudiants; je ne sais pas», poursuit Abdelmalek Azzi. «Ces énergumènes ne représentent rien sur le terrain et sur la place de la lutte militante. Ce sont tout au plus des spots médiatiques alimentés par les lobbys dans une sorte de folklore qui n’a aucune relation avec le b.a.-ba de l’activité syndicale, des personnes qui n’ont aucune relation avec le Cnes et ses traditions syndicales », dit encore M. Azzi. « Le Cnes est fort de quelque 12 000 adhérents sur 40 000 environ enseignants du supérieur.
Abdelhafid Milat représente à peine 20 enseignants, un petit groupe d’opportunistes. Il ne pouvait même pas organiser son conseil national depuis une année, alors que nous avons fait au moins 5 conseils. C’est pour cela qu’il s’est rabattu sur les étudiants. Pour masquer son échec», enchaîne-t-il.
«Le CNES a l’agrément depuis 1992. L’affaire est en justice : Abdelhafid Milat a déposé plainte au tribunal administratif pour invalider notre congrès du 12 janvier 2017 et valider le sien qu’il a fait à Constantine le 9 décembre 2016 mais il n’a pas eu gain de cause.
Il a ensuite déposé au tribunal social, l’affaire est en cours», rapporte encore M. Azzi. Et pour le coordinateur du Cnes d’annoncer avoir «charger l’avocat et militant des droits de l’Homme Ammar Khababa contre Abdelhafid Milat et son groupe pour les motifs d’accusation de falsification, usurpation de fonction et usage de faux ».
Sollicité, Abdelhafid Milat, lui non plus, n’entend pas lâcher prise. Il dit «contester et la manière et le discours de Tahar Hadjar à l’endroit des représentants de l’enseignement supérieur».
Aussi, Abdelhafid Milat «ne s’inquiète pas outre mesure de l’attaque en justice prévue contre lui ». Il dénonce aussi «la décision du ministre de tutelle de lui dénier l’agrément. Nous entrerons en grève ouverte le 14 janvier jusqu’à satisfaction de nos revendications », promet-il. Les préoccupations soulevées par les représentants de l’enseignement supérieur, enseignants et organisations estudiantines, ont trait principalement à la dégradation du niveau et de la qualité de l’enseignement prodigué par les établissements universitaires. Les œuvres sociales dont sont pourvus les étudiants et les conditions socioprofessionnelles des enseignants sont elles aussi évoquées.