Avec l’affaire des médecins résidents, le front social se dirige droit vers l’effervescence, voire le durcissement des positions des uns et des autres. Le mouvement de revendication en est à sa dixième semaine.

Et si à l’origine il était organisé localement sur des initiatives isolées, il est aujourd’hui structuré dans le Camra, un collectif rassemblant les médecins résidents mais aussi les dentistes et les pharmaciens et dont le bureau compte des membres venant de plusieurs régions du pays. La sensibilité du métier en question ne fera que compliquer une situation déjà assez tendue. Le secteur de la santé en Algérie est trop abîmé pour se permettre une situation de tension permanente des acteurs en question. L’Algérien n’est pas satisfait de la santé dans son pays, un secteur malade sans jeu de mot et en attente de grandes réformes. Ce bouillonnement social vient s’ajouter à un état de la santé et des hôpitaux qui n’est déjà pas exemplaire. Les médecins malmenés a particulièrement fait beaucoup de mal à l’image de l’Algérie pour se permettre de laisser pourrir la situation. Les médecins ont décidé de porter l’affaire de la bastonnade devant la justice, une première qui en dit long sur la détermination des contestataires. Les pouvoirs publics ne doivent pas l’ignorer et doivent user de doigté pour calmer ce front et trouver une possibilité de dialogue. Il s’agit d’abord de la santé du citoyen avec laquelle il ne faut pas badiner. Les revendications des médecins résidents sur la réforme du service civil, de l’amélioration des conditions de travail particulièrement difficiles, la dénonciation de la criminalisation de l’acte médical et bien d’autres sont légitimes. Il faudrait un traitement politique de la question et non pas une gestion par la coercition. Ignorer ce mouvement ne saurait être assimilé autrement par les contestataires que comme un mépris insupportable. Et dans un contexte de crise économique cela ne fera qu’augmenter les ingrédients inflammables.