Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a reçu une délégation du collectif du Camra. Il a promis son soutien pour un « complément » au statut de la corporation en matière de « droits » et de « responsabilités. Une bonne nouvelle pour les concernés avant que le ministre de la santé ne s’exprime sur l’épineuse question du service civil.

En attendant qu’un terrain d’entente soit enfin trouvé concernant la révision du service civil, les médecins résidents gagnent une autre bataille sur le plan de la pédagogie. La rencontre de dimanche avec le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a été positive, de l’avis des représentants du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra).
Tahar Hadjar qui a pris tout le temps d’écouter ses interlocuteurs a promis de prendre en charge plusieurs points relatifs au cursus du résident. Ce qui devra être concrétisé dans la nouvelle loi sanitaire actuellement à l’étude au niveau de l’Assemblée populaire nationale (APN).
En effet, les deux parties se sont séparées avec la conclusion de réviser le statut du résident. Il ne s’agit pourtant pas de l’ouverture de ce lourd dossier, au risque de soulever un vent pareil chez d’autres catégories du corps médical, mais seulement d’un complètement.
« Le ministre a donné son accord pour compléter notre statut et combler les vides en matière de responsabilités et de droits des médecins résidents », affirme un délégué ayant assisté à la réunion.
Un PV sera rendu public par le département de Tahar Hadjar, dans lequel il détaillera les décisions prises d’un commun accord. Notre source, explique cependant qu’il est question de définir dans l’avenir le statut du résident qui est actuellement considéré comme fonctionnaire en poste-graduation mais sans pour autant bénéficier ni des droits du fonctionnaire ni de ceux de l’étudiant. On parle surtout de l’accès au crédit bancaire, au logement, aux œuvres sociales et au droit à l’exercice syndical, comme pour l’ensemble des fonctionnaires, et du droit à la bourse, à la chambre universitaire entre autres comme tout étudiant normal. Aussi, Hadjar a, selon la même source, insisté sur le fait que les médecins résidents aient une bonne formation. C’est pourquoi, il est désormais prévu de définir avec exactitude ses responsabilités, car, ajoute notre source « on assume très souvent des responsabilités qui nous dépassent et des taches qui ne relèvent pas de nos prérogatives, surtout que nous sommes toujours en formation et l’on ne maîtrise pas tous les gestes, ni habilités à assurer des gardes seuls ». Par ailleurs, et toujours sur le plan de la pédagogie, le ministre de tutelle a donné son accord pour « la redéfinition des objectifs mentionnés dans le carnet de résident », précise notre source. Le problème de la fausse déclaration sur le fait que les médecins résidents suivent quatre (04) année d’études de spécialité pour les formations médicales et 5 ans pour les formations chirurgicales, « sera aussi résolu ». En réalité, explique le délégué du Camra, les résidents des formations médicales effectuent 5 ans et ceux des formations chirurgicales font 6 ans. « Il y a toujours une année de plus », dénonce-t-il, car il se trouve après avoir terminé l’année en septembre, les concernés sont appelés à travailler dans leurs CHU jusqu’au mois de janvier pour passer l’examen de DEMS, attendre le rattrapage qui n’intervient qu’au mois d’avril, puis travailler encore deux mois et attendre trois autres mois jusqu’à la signature du PV d’installation. Un parcours du combattant rien que pour cette dernière année que les résidents dénoncent et « dont le seul objectif est de nous empêcher à partir à l’étranger », soupçonnent-ils. Pour toutes ces décisions, une cellule ministérielle sera mise en place pour veiller au suivi et à l’application des nouvelles mesures. Pendant ce temps, le mouvement de grève cyclique se poursuivra. Hier au premier jour de la grève, l’adhésion au mot d’ordre a été battu tous les records, indique un représentant du Camra, parlant de « plus de 95% de suivi à travers tous les CHU et établissements hospitaliers du pays ». Seules les gardes et les urgences ont été assurées. Aujourd’hui, un rassemblement national sera organisé à Alger, en attendant que le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière rappelle les délégués du Camra pour leur présenter ses propositions concernant notamment le service civil. <