La société privée algérienne Amimer Energie a décroché un contrat avec la société malienne EDM SA (Energie du Mali) pour la réalisation de deux centrales électriques de 20 mégawatts (MW).

Le coût du projet est de 70 millions de dollars, a indiqué hier le ministre de l’Energie, Nouredine Bouterfa, en marge de la signature du contrat entre les deux sociétés.

Entre 2002 et 2007, la société algérienne a démontré son savoir-faire dans la réalisation de ce genre de centrales fonctionnant au diesel dans le sud de l’Algérie, a témoigné M. Bouterfa. Elle n’en est pas à son premier coup d’essai : elle s’est déjà fait connaître en Mauritanie avec un projet de 10 MW, au Soudan et en Irak dans des projets similaires. Elle a également remporté un premier projet pour la réalisation d’une centrale électrique hybride de 30 MW au Tchad, selon le communiqué rendu public par Amimer Energie. Créée en 1989, dotée actuellement d’un capital social de 1,7 milliard de dinars, Amimer Energie compte deux unités de production d’équipements à Béjaïa et à Blida. Le ministre malien de l’Energie et de l’Eau, Malick Alhoussaini, a fait savoir que le programme de développement de son pays porte sur un projet malien de 200 MW dans lequel l’expertise algérienne est sollicitée. A ce propos, M. Bouterfa a parlé d’une estimation de ce projet qui sera financé par des fonds internationaux, car l’Algérie ne peut le financer totalement. Pour l’heure, des études seront réalisées pour déterminer sa faisabilité. Plusieurs entreprises algériennes pourront participer telles que Amimer Energie et d’autres privés algériens, mais aussi des filiales du Groupe Sonelgaz comme Kahrakib et Kahrif, a-t-il cité. Ainsi, l’Algérie participera à élever le taux d’accès à l’électricité au Mali de 35 à 60%, a ajouté M. Bouterfa. L’Algérie s’inscrit dans une double projection, à savoir le défi de l’exportation hors hydrocarbures vers les pays africains et celui des Nations unies pour aider les pays du Sahel à leur électrification. « Les deux pays ont convenu de la réalisation de centrales hybrides dans les régions de Tombouctou et de Gao d’une puissance globale de 200 MW et dans d’autres régions du Mali », a expliqué M. Alhoussaini. A cet effet, « le Groupe Amimer a entamé les études de faisabilité et la mobilisation des financements pour l’électrification d’un fil de 10 lignes Goundam, Niafouké, Tombouctou, Dansangou, N’goura Ou et Ménaka, à partir d’un maillage de réseau de distribution électrique moyenne tension de 33 KV (kilovolts) à partir d’une centrale solaire diesel de 40 MW qui sera installée dans les chefs-lieux des villes de Tombouctou et de Gao. De plus, le Groupe algérien s’est engagé à l’électrification du sud du pays (Mali) à travers la fourniture d’une puissance de 200 MW. « Il est convenu d’installer dans un premier temps 40 MW à Gao et à Kati », a détaillé le ministre malien de l’Energie et de l’Eau. Le gouvernement malien vient d’adopter le programme du champ social 2017-2020 qui oriente le département de M. Alhoussaini à élever le taux d’accès à l’énergie grâce à un vaste programme d’implantation de centrales solaires et hybrides. Par ailleurs, le Mali vient d’adopter la loi sur le partenariat public-privé. Dans ce sens, il a lancé un appel, au nom de son gouvernement, aux entreprises des deux pays de faire de ce mécanisme un moyen de financement pour des projets de partenariat. Il a réitéré, dans ce prolongement, sa volonté d’initier des propositions de projets et de marchés relatifs au port sec et au 4e port de Bamako, dans le traitement des déchets solides ainsi que pour lancer les études sur les 200 MW au centre du Mali. Le ministère malien de l’Energie et de l’Eau est en relation avec le ministère algérien des Ressources en eau et de l’Environnement pour la maîtrise et la préservation de cette ressource qu’est l’eau.