Un avant-projet de loi pour l’installation obligatoire du détecteur de monoxyde de carbone sera soumis à l’adoption après l’installation de la nouvelle législature (2017-2022), a annoncé hier à Alger le président de l’Association El Aman pour la protection des consommateurs de la wilaya d’Alger, Hacène Menouar, lors de leur Assemblée générale ordinaire (AGO).

Le texte est à sa phase de rédaction finale et sera soumis au gouvernement puis au Parlement pour adoption, a indiqué M. Menouar à Reporters en marge de l’AGO. Le document rendra ainsi obligatoire l’installation de détecteur de monoxyde de carbone dans tous les logements. Le groupe chargé de la préparation est composé de représentants de la Creg, de Sonelgaz, du ministère de l’Industrie et d’El Aman. Est associé aussi l’Ordre des architectes pour la wilaya d’Alger (Cloa). Le détecteur est devenu, selon le président d’El Aman, une nécessité devant le nombre de décès en croissance de personnes par le monoxyde de carbone. L’Association a été plus loin en s’impliquant dans la recherche et le développement d’un produit local. Deux chercheurs ont mis au point un modèle algérien, équipé non seulement d’un détecteur de monoxyde de carbone mais aussi d’un détecteur de fumée et d’une lampe LED pour le prix de 3 000 DA l’unité. Le concepteur est actuellement à la recherche d’un industriel pour financer la production industrielle de ce prototype. Pour l’instant, ces détecteur sont importés de l’étranger pour le prix de 4 000 DA l’unité. En 2009, une précédente expérience a eu lieu par le Groupe Géant pour la production locale de ces détecteurs au même prix de 3 000 DA l’unité mais qui s’est soldée par un échec en l’absence de demande du marché algérien, a rappelé Mohamed Toumi, membre de la Fédération nationale de protection des consommateurs (FAC). Le concepteur et l’Association El Aman tablent sur l’avant-projet de texte portant obligation pour une installation de cet équipement dans les 8 millions de logements que compte le parc immobilier. Il boostera ainsi la demande, espère M. Menouar. Par ailleurs, El Aman est sur un autre projet de texte pour « améliorer le cadre de vie urbaine » en collaboration avec le Cloa. Ce travail concernera dans un premier temps l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. Les autres projets porteront sur la qualité des matériaux de construction, sur la qualité architecturale et enfin la vie urbaine, en général. Dans son plan d’action pour 2017, l’Association prévoit d’organiser 4 ateliers sur le service après-vente, les assurances, le pouvoir d’achat et la crise économique, ainsi que sur l’aquaculture. Un séminaire international sur l’eau, sa qualité, sa composition et son coût, se tiendra au cours de cette année sous le thème « L’eau : qualité et vérité ». Des jumelages seront aussi réalisés avec une association africaine du Cameroun et une autre européenne, belge ou allemande. L’Association qui a refusé toute subvention de l’Etat a présenté lors de l’AGO son bilan d’activités, financier et moral. Dans l’ensemble, il est estimé « acceptable » par les membres et adhérents. La seule action que l’association a dû geler pour manque de ressources humaines est le projet portant sur le tabac avec la fondation Med-Invest. Plus de 15 000 décès sont enregistrés annuellement à cause du tabac et l’Algérie a importé pour 400 millions de dollars de tabac en 2014. Sa consommation débute de plus en plus tôt, soit à l’âge de 10 ans, selon le constat d’El Aman. Dans son travail de sensibilisation, elle compte impliquer les imams et les morchidate, par un rapprochement avec le ministère des Affaires religieuses. Son terrain de prédilection, ce sont les établissements scolaires et universitaires ainsi que les cités universitaires.