Le Rassemblement national démocratique (RND) a célébré, hier à la Maison du peuple, UGTA, le 20e anniversaire de sa création.

En présence de Mohamed Chérif Abbas, ancien ministre des Moudjahidine ainsi que la veuve d’Abdelhak Benhamouda, ancien leader tant de l’UGTA que du RND, Ouyahia s’est exprimé sur plusieurs dossiers de l’actualité nationale, à commencer par la polémique provoquée en France par la déclaration d’Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle française sur les crimes coloniaux en Algérie. « Ce sont des déclarations électoralistes en rapport avec une campagne électorale prématurée franco-française », a-t-il indiqué. Avant de soutenir qu’«il ne s’agit que de promesses électorales faites dans l’objectif d’attirer l’électorat d’origine algérienne ».
« Puisqu’ils parlent de crime contre l’humanité et qu’ils se disputent entre eux, je leur rappelle qu’ils étaient venus pour nous effacer », a-t-il lancé. Avant d’enchaîner : «Ce n’est pas nous qui le disons mais leurs officiers. Et ils l’ont écrit au 19e siècle.»

« Ce sont des déclarations électoralistes »
M. Ouyahia ne manquera pas de rappeler à ce propos les enfûmades de Dahra, les massacres de Guelma et Kherrata. Evoquant par ailleurs les prochaines élections législatives, le patron du RND a évoqué la candidature des ministres de son parti à la députation, à l’instar de ceux du Front de libération nationale (FLN). A la différence, qu’au RND, « il n’y a qu’un seul ministre du parti qui a exprimé sa volonté de se présenter aux législatives », a-t-il annoncé. A la question de savoir comment sont élaborées les listes électorales au RND, Ouyahia répond que ce sont « les structures locales, de wilayas et les communes qui choisiront les candidats ».
Intervenant à propos de la situation économique du pays marquée par la crise, Ahmed Ouyahia estimera que « ses effets sont plus ou moins amortis, grâce à une gestion prudentielle des devises, à un paiement par anticipation de la dette, grâce à la décision du président Bouteflika ». Toutefois, l’orateur appellera à une « incontournable transition économique et sociale productive ».

« Accepter les sacrifices »
A ce propos, il sollicite « le patriotisme des Algériens et leur sens civique pour accepter les sacrifices rendus indispensables par cette crise». Dans le même ordre d’idées, le secrétaire général du RND considère que le succès de la transition économique « repose d’abord sur une évolution des mentalités pour se libérer de la logique rentière, pour surmonter les entraves des lobbies et les influences des intérêts étrangers et pour faire triompher les intérêts économiques véritables du pays et les intérêts sociaux réels du pays ». « Ces défis, sont à la portée du peuple algérien », pense-t-il, au motif que « la crise crée la détermination ». Il a affirmé que le peuple « a la capacité de transformer ces difficultés financières en puissant levier pour dépasser la crise actuelle et en ressortir plus fort ». Dans ce cadre, il appellera à « réhabiliter pleinement l’effort et le travail ». Avant d’estimer que le pays « devra aussi triompher de la bureaucratie et des maux qui l’accompagnent ». Il devra également mobiliser les ressources financières de l’Etat pour accompagner les producteurs de richesses dans tous les secteurs. Revenant sur le parcours héroïque de Benhamouda, Ahmed Ouyahia a fait plusieurs fois référence au leader syndical assassiné en expliquant que « son empreinte est présente dans les textes fondateurs du parti ». Ouyahia insistera en outre sur le soutien du RND à la démarche politique du président Bouteflika et parlera aussi de la contribution du parti à l’enrichissement de la Constitution, à travers ses propositions. Abordant en outre, la situation organique du parti, il s’est félicité de sa sortie de crise.