L’installation des autorités intérimaires dans le Nord du Mali, prévue par l’accord de paix de 2015 et qui devait débuter samedi à Kidal, bastion de l’ex-rébellion, a été reportée après une contestation de nominations du gouvernement.

«Par souci d’apaisement, le gouvernement malien a décidé de reporter les cérémonies d’installation des autorités intérimaires dans les régions du Nord», a affirmé hier samedi à l’AFP une source au ministère malien de l’Administration territoriale. A Kidal, fief de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg), la nomination, vendredi, d’un nouveau gouverneur est une des principales raisons du report de cette installation. La CMA «conteste» la nomination comme gouverneur de Kidal de Sidi Mohamed Ag Ichrach, jugé proche du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia, pro-gouvernemental), a précisé à l’AFP une source au ministère malien de l’Administration territoriale. Sidi Mohamed Ag Ichrach, un inspecteur des douanes, a remplacé Koïna Ag Ahmadou, nommé gouverneur de Tombouctou, selon un communiqué officiel. «Nous avons effectivement appris qu’il y a des manifestations hostiles dans certaines localités du Nord depuis hier (samedi) à cause de l’installation de ces autorités» intérimaires, a ajouté la source au ministère malien de l’Administration territoriale. «Il nous appartient de calmer le jeu, de convaincre, d’apaiser», a-t-elle poursuivi. Des témoins ont indiqué sur les réseaux sociaux qu’il y a eu une manifestation» vendredi dans cette ville. Plusieurs mouvements ont contesté vendredi certains choix dans la désignation des autorités intérimaires, dénonçant l’absence de concertation. En vertu de l’accord de paix signé en mai-juin 2015, les autorités intérimaires devront gérer les cinq régions concernées, en attendant l’élection par la population d’Assemblées dotées de pouvoirs importants. Leur mission sera notamment de préparer ces élections et de favoriser le retour des déplacés.
Le président de chaque autorité intérimaire sera «le chef de l’exécutif local» et leurs décisions seront exécutoires immédiatement, leur légalité n’étant contrôlée par le représentant de l’Etat, le gouverneur, qu’a posteriori. Les patrouilles mixtes entre militaires maliens, combattants des groupes pro-gouvernementaux et de l’ex-rébellion, sont censées préfigurer la refonte d’une armée malienne unitaire.