Après le renvoi de l’affaire Fekhar devant le tribunal criminel, le 14 février dernier, ses avocats ont dénoncé, hier, «une enquête illégale».

C’est hier, au siège du Mouvement démocratique et social (MDS), que les avocats de Kameleddine Fekhar ont tenu une conférence de presse, souhaitant que les procédures juridiques et les lois de la République soient respectées, tout en informant que «l’ONU a saisi de façon officielle les autorités algériennes sur l’affaire de leur client». Maître Saleh Dabouz, l’un des membres du collectif des avocats plaidant l’affaire Fekhar, a expliqué que ce point de presse a pour but d’expliquer les dessous de l’affaire, que ce soit sur le plan «juridique» ou «politique». Il est d’ailleurs revenu sur la genèse des violences dans la région de Ghardaïa, depuis le 8 juillet 2015, et sur les trois vagues d’arrestations qui s’en sont suivies et fait grimper le chiffre des personnes arrêtées à 160. Selon l’avocat, «aujourd’hui il y a urgence à se concentrer et se mobiliser autour de cette affaire. Et en particulier, autour de l’accusé principal Kameleddine Fekhar et 40 autres personnes, dont l’affaire a été portée depuis quelque jours devant le tribunal criminel». Il affirme que les plaidoyers du collectif d’avocats constitué pour défendre les «détenus» ont porté sur l’aspect juridique «où plusieurs irrégularités ont été constatées dans cette affaire et ce, même dans le volet politique». Me Salah Dabouz a expliqué que les irrégularités constatées «concernent l’affaire depuis la décision de l’arrestation jusqu’à la présentation des accusés devant la chambre d’accusation». Selon lui, «même la note du procureur général, document qui a conduit à l’arrestation de Fekhar, avec 18 chefs d’inculpation, n’a aucune valeur juridique, puisque les prérogatives d’un procureur général sont de demander l’ouverture d’une enquête». Pis encore, il dénonce le fait que son client n’est pas autorisé à l’exercice de ses droits de «justiciable», puisque «plusieurs de ses plaintes contre le chef de la Sûreté de Ghardaïa et le procureur de la République ont été rejetées». Il a ajouté que lors des plaidoyers des avocats «des faits très graves ont été constatés». Selon lui, «des éléments n’ont pas été pris en considération lors de l’enquête». Avant d’ajouter : «Plusieurs éléments de l’enquête sont en discordance.» Me Dabouz informe également l’assistance que les femmes des détenus observent depuis trois jours une grève de la faim en solidarité avec Kameleddine Fekhar qui, lui, est en grève de la faim depuis plus de deux mois.