Permettre à l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou d’interagir avec son environnement socioéconomique est l’ambition du nouveau recteur qui était l’invité, jeudi dernier, du forum, le rendez-vous de l’information de Radio Tizi Ouzou.

Le Pr A. Tessa, qui est le troisième responsable en moins d’une année à être désigné à la tête de l’UMMTO, dévoile ainsi les contours de la nouvelle dynamique qu’il veut instaurer au sein de l’université de Tizi Ouzou qui a vécu, ces dernières années, au rythme de conflits syndicaux à répétition. De longs cycles de grèves mettant aux prises les syndicats représentatifs de la communauté universitaire et les autorités rectorales.
Le doyen de la faculté des sciences économiques et de gestion qui vient d’être nommé recteur, quelques mois seulement de l’ouverture de l’actuelle année universitaire, veut insuffler une nouvelle dynamique, secouer les léthargies et corriger les dysfonctionnements qui ont longtemps miné la gestion de l’institution. «Nous avons hérité d’une situation compliquée que nous sommes en train d’assainir peu à peu », a déclaré le Pr Tessa. La direction de la scolarité n’est pas le seul service à être pointé du doigt. D’autres chantiers sont ouverts par le nouveau recteur qui veut créer de nouvelles conditions pour améliorer «le micro climat social» à l’intérieur des campus et des cités universitaires, avec la mise en œuvre d’un programme d’animation culturelle et sportive, en réanimant les clubs universitaires dédiés à ces activités. Une convention est signée avec la direction de wilaya de la culture et une autre est en projet avec celle de la jeunesse et des sports. Le recteur de l’université a également expliqué que la lourde situation dont il a hérité ne concerne pas que le volet social.
Le budget de la recherche scientifique n’a été consommé qu’à hauteur de 21%, mettant en cause le gaspillage, la négligence et le manque de suivi des dossiers y afférents. Idem pour d’autres services qui n’ont pas brillé par un surcroît d’activité puisque le taux de consommation des budgets alloués à l’université n’a pas dépassé 16, a précisé le même responsable. A contrario, selon l’invité de Radio Tizi Ouzou, le budget alloué aux stages à l’étranger est, quant à lui, toujours sollicité à raison de mille cent euros pour chaque enseignant bénéficiaire d’un stage de formation dans un établissement universitaire à l’étranger, pour une durée de quinze à trente jours.
Des stages dont l’efficacité en raison de leur périodicité et de leur coût exorbitant ne trouvent pas grâce aux yeux du recteur qui plaide pour une autre forme de formation en immersion dans d’autres universités étrangères. L’ouverture de l’UMMTO sur son environnement socioéconomique est l’autre problématique abordée lors du rendez-vous de l’information de jeudi de la chaîne locale de la Radio nationale. Le Pr Tessa dévoile son projet d’ouverture de l’institution qu’il dirige en développant un marketing qui permettrait à l’UMMTO d’engranger de l’argent. En bon professeur d’économie qu’il est, le recteur qui était doyen et enseignant à la faculté d’économie et de gestion de l’UMMTO, parie sur la possibilité qu’offrent les potentialités académiques et techniques à cette université pour réaliser « des recettes hors budget grâce à ses prestations de services et ses produits de recherche », a indiqué le Pr Ahmed Tessa.
Il parle d’un projet de portes ouvertes sur les laboratoires de recherches de l’université. Une manière de promouvoir et de « mettre en vente » les résultats de la recherche, et les capacités d’ingénierie et d’expertise que recèle l’université de Tizi Ouzou, en leur trouvant des applications techniques et industrielles au sein des secteurs utilisateurs potentiels, à savoir les institutions publiques ou les entreprises.