Le Haut-Commissariat onusien aux Réfugiés, HCR, s’est dit vendredi «vivement préoccupé» par le rythme actuel des déplacements de populations depuis le Soudan du Sud, où plus de 1,5 million de personnes ont déjà été forcées de quitter le pays en quête de sécurité depuis l’éruption du conflit en décembre 2013.

«Nous lançons un appel à toutes les parties impliquées dans ce conflit pour une résolution pacifique et urgente, sans laquelle des milliers d’entre civils sud-soudanais continueront d’arriver chaque jour dans les pays voisins du Soudan du Sud», a déclaré le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Le HCR a indiqué dans un communiqué qu’avec ces déplacements de grande ampleur, le Soudan du Sud est désormais le pays avec la plus grande crise de réfugiés d’Afrique et le troisième du monde après la Syrie et l’Afghanistan, avec moins d’attention et des niveaux chroniques de sous-financements», a expliqué le HCR. Des combats intenses ont éclaté au Soudan du Sud en juillet 2016, après l’effondrement de l’accord de paix entre le gouvernement et les forces d’opposition. Les quatre derniers mois, environ 500 000 personnes ont dû fuir, a poursuivi le HCR, ajoutant que plus de 60% des réfugiés sont des enfants, qui arrivent pour beaucoup souffrant de niveaux alarmants de malnutrition, devant subir l’impact dévastateur des brutalités du conflit. La majorité des réfugiés sont accueillis par l’Ouganda, où quelques 698 000 d’entre eux sont arrivés. L’Ethiopie abrite 342 000 réfugiés, le Soudan 305 000, le Kenya 89 000, la RDC 68 000 et la RCA 4 900. Le Soudan du Sud a gagné son indépendance du Soudan en 2011 mais il s’est enfoncé dans la guerre en décembre 2013, un conflit interne qui a fait des dizaines de milliers de morts. Les quatre années de guerre ont provoqué une crise humanitaire dans le pays ou plus de six millions d’habitants, soit la moitié de la population, ont besoin d’une aide urgente. Les organisations humanitaires craignent que ce nombre augmente de 20% à 30% dans le courant de l’année.