Le conseil national du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), réuni en session ordinaire depuis vendredi dernier à Alger, a publié hier ses résolutions-motivations sur la participation du parti aux prochaines élections législatives, non sans décocher quelques flèches à l’égard du gouvernement, dressant ses constats de la situation politique et économique du pays.

A l’issue de ce premier rendez-vous de l’année de l’instance dirigeante du parti, qui coïncide avec le 28ème anniversaire de la création du RCD -le 9 février 1989- sous la présidence de Mohcine Belabbas, il a été question de considérer le scrutin à venir sous le prisme de l’opportunité, celle de «rendre visible l’opposition, de se doter d’une tribune pour exposer notre programme, de contribuer à l’élaboration d’une prise de conscience des périls qui nous assaillent et de rendre publiques les solutions que nous préconisons, leur calendrier d’exécution et leur mode opératoire». A ce titre, le parti reconnaît que sa décision de prendre part aux législatives a déjà le mérite «d’avoir enclenché une nouvelle dynamique organique ayant abouti à la réactivation des structures du RCD à travers les 48 wilayas», signe de la «bonne santé organique » du Rassemblement. Ce dernier qui ne promet pas moins que de «ne pas faire de campagne sur des slogans creux», qu’il «n’abusera pas le citoyen sur une fallacieuse réconciliation nationale qui a bâillonné les victimes et meurtri les mémoires», et d’oser sa réconciliation à lui, celle qui «prend appui sur la conférence de Mazafran du 10 juin 2014». «Le RCD ne tentera pas de tromper les citoyens sur de supposés complots de l’étranger. Ces derniers, quand ils existent, sont souvent nourris par le refus des régimes totalitaires de reconnaître à des pans de la société de vivre dans la dignité, par l’autoritarisme, l’abus de pouvoir et notamment par le monopole politique à travers des fraudes électorales récurrentes», affirme, non sans virulence, le RCD. Il dit s’engager sur une «campagne électorale [basée] sur un programme et des propositions claires, assumées et réalisables». D’ores et déjà, le parti compte «mener la bataille de la sensibilisation, celle de la mobilisation et celle de la surveillance». Globalement, au sujet des élections législatives du 4 mai prochain, le conseil national du RCD estime «que le pouvoir fait tout pour éloigner les Algériens et les Algériennes des urnes». «Aux entraves administratives érigées pour la constitution des listes, le ministère de l’Intérieur ne prend même plus la peine de répondre aux courriers de simple demande d’information au sujet de ce scrutin de la part d’organisations ou partis légaux. Il est vrai que dans ce registre de la démobilisation des citoyens, le président de la Haute instance indépendante de surveillance (HIIS), installé par ailleurs en violation de la loi, a fait mieux». Pour lui, «il est impossible d’épurer le fichier électoral», regrette le parti. Le temps d’une tribune, le président du RCD, M. Belabbas, a brossé un tableau noir de la situation du pays sur le plan politique, constatant que «la plupart des secteurs vitaux de la vie nationale sont en proie aux désordres et aux contestations», faisant référence aux nombreuses grèves de filières entières dans l’enseignement supérieur (architecture, pharmacie, chirurgie dentaire, l’IAP, les beaux-arts…), les protestations de nombreux corps de la Fonction publique ou la flambée des prix des produits de large consommation. «Au plan économique, l’absence d’un cap de développement, longtemps masqué par des dépenses tous azimuts permises par un baril à 120 dollars, se révèle brutalement», dénonce-t-il, s’appuyant sur les indicateurs macroéconomiques du pays de 2016.