L’Association culturelle Nebrass de la commune d’In Ghar, wilaya déléguée d’In Salah (Tamanrasset), s’emploie à pérenniser et valoriser divers jeux traditionnels, faisant partie du patrimoine populaire dans le Tidikelt.

Légués de génération en génération, par souci de sauvegarde de ce patrimoine ancien, ces jeux consistent notamment en la kherbga (sorte de jeu de dame traditionnel), le ballon de lif (brindilles de tronc de palmier), boukrourou, sig et autres activités ludiques et récréatives reflétant des traditions anciennes véhiculées par la population d’In Ghar (60 km à l’ouest d’In Salah), restée fidèle aux coutumes ancestrales, a expliqué le président de l’association, Mohamed Ben Mohamed.
Ces activités éveillent chez de nombreuses gens une nostalgie de traditions ludiques qu’elles cherchent à préserver et à transmettre aux futures générations en tant que facteur de rapprochement social, a-t-il estimé.
L’association saisit, à ce titre, l’opportunité de l’organisation périodique de manifestations récréatives pour renouer avec ces jeux traditionnels et, ainsi, les valoriser tout en animant la scène socioculturelle.
La majorité des jeux pratiqués dans la région véhiculent, entre autres objectifs et enseignements, des vertus de solidarité et de cohésion sociale, à l’instar du sig (jeu de bâtonnets), le ballon de lif (lamelles de palmier) et kef el ayadi (paume de la main) et d’autres exécutés collectivement dans les rues et places publiques et regroupant les habitants des quartiers dans une ambiance où se reflète les signes d’entraide et de cohésion des membres de la société.
L’on s’adonne ainsi à ces activités, dont le jeu de sig, connu également sous l’appellation de siguet, un jeu très ancien, et le ballon de lif, qui se dispute, en deux mi-temps, entre deux équipes de 14 joueurs, l’une composée de célibataires et l’autre de mariés, en tenue traditionnelle, et requérant de la vitesse et de l’agilité, sous l’œil de supporters assis à même le sol et entonnant des chants du terroir pour soutenir leur équipe favorite.
Le timegzen, un autre jeu impliquant quatre personnes (2 par équipe) est tout aussi prisé par la population locale, tout comme celui de kef el ayadi (paume de main) qui se pratique en groupe de plusieurs personnes assises en forme de cercle sur le sol pour répéter une série de chants traditionnels au terme desquels le participant sur lequel tombe le dernier mot est exclu, et ainsi de suite jusqu’au dernier.
Ces activités constituent aussi pour les tout-petits des scènes où ils se créent des moments de loisirs et apprennent le sens de la compétition, contribuant ainsi à les reproduire comme un legs perpétuel, a expliqué le président de l’Association culturelle Nebrass.
L’association entend à travers ces jeux encourager les jeunes générations à préserver le patrimoine ancestral et à animer la scène culturelle et récréative de la région, en les substituant aux jeux électroniques modernes que certains qualifient d’improductifs.