Retard dans la livraison des chantiers, manque d’entretien dans les résidences… « Il n’y a pas d’escrocs au sein des promoteurs immobiliers », nous avait assuré Maâmar Boumdal, président de l’Organisation nationale des promoteurs immobiliers, en marge de l’inauguration du Salon international de la promotion immobilière et de l’aménagement urbain qui s’est achevé hier.

La première édition de l’événement a eu pour but de permettre aux professionnels du secteur, mais aussi aux nombreux curieux de nouer des contacts, évoquer des partenariats mais aussi et surtout vendre des résidences. Parmi les visiteurs, l’ambassadeur de Bahrein, mais aussi des représentants de la diplomatie sud-africaine. « Il y a une certaine suspicion envers les promoteurs immobiliers. C’est vrai, et cette image leur colle à la peau », estime un responsable d’une promotion immobilière basée à Alger. Parmi les arguments les plus cités, ceux de la différence entre la livraison finale et ce qui est exposé sur les maquettes et autres instruments de communication. « Entre ce qu’on nous promet et ce qu’on nous vend, il y a toujours quelque chose qui manque ou qui va de travers. On n’est jamais totalement satisfait », fulmine un curieux, retraité, venu s’enquérir « par simple curiosité » des prix du bâti neuf à Alger. Autre aspect récurrent, le retard dans les livraisons. « En ce qui nous concerne, on a eu des retards administratifs. On a eu des retards dans l’obtention du permis de construire, et pour obtenir un document il faut en fournir plusieurs autres, la procédure est longue et lente », déplore un exposant venu faire connaître ses logements bâtis à Birkhadem (Alger). Une résidence équipé d’un réservoir d’eau, d’un groupe électrogène, d’espaces pour enfants et d’un agent d’entretien des espaces communs. « Tout pour maintenir la cité propre, confortable et entretenir le matériel et les ascenseurs », s’enorgueillit l’exposant en réponse à la problématique générale de saleté et de manque d’entretien des copropriétés en Algérie.
Questionnés sur des constructions anarchiques, même lorsqu’il s’agit du bâti licite, les promoteurs immobiliers ont chacun leur hypothèse. « Les autorités locales ne respectent pas les plans d’urbanisme, ils autorisent la construction d’un R+20 pour celui qui a beaucoup d’argent, et celui qui n’en a pas beaucoup on le limite à un R+2, par exemple. Comme pour tout en Algérie, ça obéit à la loi du plus fort », ose déplorer l’un d’eux. « A mon avis, d’après ce qu’on constate aussi, les responsables politiques locaux, qui sont parachutés d’une zone à une autre, apportent leur vision qui va à l’encontre des spécificités de la localité à laquelle ils accèdent. Ils ne s’adaptent pas, cela crée des disparités au niveau des constructions d’une même zone », explique un promoteur immobilier venu de Béjaïa faire connaître sa résidence balnéaire en cours de réalisation à l’ouest de la ville. Pour rappel, l’ONPI a annoncé, par l’intermédiaire de Houria Bouhired, sa secrétaire générale, la rédaction d’un rapport qui sera remis au ministère de tutelle, afin de revoir l’ensemble des aspects législatifs régissant le secteur immobilier.