La pénurie de lait en sachet resurgit au grand dam des citoyens. En effet, dans les différentes communes de la wilaya de Guelma, les habitants souffrent le martyre à cause de la rareté du lait en sachet depuis plusieurs mois.

La livraison ne se fait qu’une seule fois tous les deux jours. Les quantités distribuées sont réduites de moitié et les commerces sont souvent pris d’assaut en dépit des multiples promesses des responsables.

Ici à Guelma, on pensait que la tension sur le lait en sachet, qui a affecté toute la wilaya ces derniers temps, était passagère et liée à la surconsommation durant cette période hivernale. Que non ! Les gens se sont finalement aperçus que la tension sur ce produit subventionné par l’Etat n’a pas disparu, mais au contraire, est devenue chronique car sévissant depuis presque deux mois. A travers notre enquête, nous avons essayé de localiser l’origine et les causes de la pénurie de cet aliment nutritif indispensable, et en même temps, de donner la parole aux responsables de la direction du commerce et des prix, aux commerçants et aux citoyens concernés. Depuis quelques jours, et devant l’aggravation de la pénurie de lait, on constate de longues et interminables chaînes constituées de femmes et d’hommes autour des commerces d’alimentation générale, des laiteries et des supérettes. Selon certains commerçants revendeurs qui ne reçoivent plus leur quota, le lait subventionné fait l’objet d’une large spéculation de la part de certains transporteurs privés incontrôlés, propriétaires eux-mêmes de fonds de commerce, qui ne se privent pas d’approvisionner leurs commerces en priorité. Mais, pour la direction du commerce et des prix, il est quasiment impossible de satisfaire une forte demande du marché à Guelma pour une population évaluée à presque 180 000 habitants avec une quantité de 30 000 litres/jour réceptionnée et portée récemment à 45 000 litres sur insistance de la direction de la seule laiterie de l’Edough Annaba, Spa. Des pères de famille ouvrent le bal de la chaîne humaine devant le commerçant très tôt le matin, ceux parmi eux qui ont des familles nombreuses n’hésitent pas à impliquer leurs petits-enfants, les réveillant tôt pour tromper la vigilance de l’épicier qui distribue, par souci de servir tous ses clients, les quantités de lait en sachet de façon équitable, à savoir deux sachets au maximum par personne avec une sachet obligatoire du lait fermenté ou lait aigre, lait caillé. Sachant qu’une boîte de lait en poudre qui se vend à 400 DA et équivaut à 16 sachets de lait pour un prix de 25 DA le sachet, on comprend l’inquiétude du consommateur quand le lait en sachet vient à manquer. En effet, en achetant 2 sachets de lait, il économise 350 DA. Ainsi, son interrogation quant à l’arrêt momentané du travail des unités de transformation observé ces derniers jours n’est-elle pas légitime ? On se pose la question s’il ne s’agit pas là d’un prélude à une nouvelle crise ? Chaque jour, un point de vente est approvisionné, ce qui contraint le citoyen à acheter plusieurs sachets de lait et cela accentue la demande et augmente la crise. Les vendeurs de lait souhaitent que les services concernés mettent au moins un distributeur dans chaque commune de la wilaya de Guelma pour atténuer la crise et éviter la vente concomitante ainsi que ces files d’attente où parfois des clients retardataires ne trouvent rien. Par ailleurs, on a appris que certains épiciers situés en dehors du centre-ville ne respectent pas le prix fixé par l’Etat, c’est-à-dire 25 DA le sachet. Ces derniers profitent de la crise pour le vendre à 30 DA. Les citoyens que nous avons rencontrés souhaitent que le lait en sachet soit disponible chaque jour chez les épiciers spécialisés et au prix de 25 DA fixé par l’Etat.