Les militants et les sympathisants du Front El Moustakbal ont convergé, hier, vers la salle Atlas, à Alger, pour célébrer le 5e anniversaire de sa création, par l’ancien membre de comité central du FLN et deux fois député du même sigle, Belaïd Abdelaziz. La formation politique a été agréée à la veille des élections législatives de 2012.

D’ailleurs, elle y avait pris part, remportant deux sièges. Aux élections locales, le parti a fait une percée, raflant plus de 900 élus locaux. Sur sa lancée, le Front, à travers son président, a pris part aux élections présidentielles de 2014. Il s’est classé 3e, derrière Ali Benflis. Pourtant, le président du Front se montre tempéré : «Nous sommes un parti en construction.
Nous allons investir sur la formation et l’engagement politique des militants», a insisté Belaïd Abdelaziz lors de la conférence de presse organisée après son meeting tenu dans la salle Atlas. Cette rencontre devait mobiliser les troupes en perspective des législatives prochaines, mais Belaïd Abdelaziz a tenu à déclarer que lui-même ne sera pas candidat à la députation.
«Je ne me porterai pas candidat», a-t-il dit.
Et d’avouer ne pas faire confiance à la Haute instance indépendante de surveillance des élections que préside Abdelouahab Derbal, lui, qui a également appelé à «l’instauration de la IIe République». A ses yeux, «la Haute instance n’est pas apte à surveiller cette élection car elle n’est pas libre». «Elle est constituée de magistrats qui sont sous la tutelle du ministre de la Justice qui, lui-même, est membre d’un parti politique», a-t-il dit pour exprimer sa crainte. «Il faut un organisme indépendant pour organiser, surveiller, contrôler les élections», a-t-il proposé. Tout en rappelant que lors des élections précédentes, «le ministère de l’Intérieur avait annoncé les résultats alors que le dépouillement des suffrages n’était pas encore terminé». «Nous allons pouvoir un jour arriver à organiser des élections en Algérie qui seront pilotées uniquement par une commission indépendante sous aucune tutelle politique», a-t-il avancé. Pour la prochaine législature, Belaïd Abdelaziz compte présenter des listes à travers l’ensemble des circonscriptions électorales. «Nous avons commencé déjà à récolter des parrainages. Dans 18 wilayas, nous devons collecter la signature des citoyens. Cette opération est en bonne voie mais dans 30 wilayas, nous ne sommes pas concernés par la collecte de signature», a affirmé Belaïd Abdelaziz qui compte cette fois réaliser un score plus important par rapport au scrutin de 2012. «Beaucoup de personnalités politiques ont rejoint notre parti. D’autres nous sollicitent pour diriger nos listes électorales. Nous préférons les jeunes compétences, les candidats ayant un niveau de formation élevé», a indiqué le chef de ce parti qui revendique ses distances envers les partis au pouvoir et ceux de l’opposition. «Nous sommes la troisième voie. Nous sommes ni contre le pouvoir ni avec l’opposition», a conclu le président du Front El Moustakbal.