Avec la dernière augmentation des honoraires des médecins privés généralistes et spécialistes, les malades ont encore une fois reçu un coup dur surtout que les tarifs de remboursement appliqués par la Cnas, eux, n’ont pas bougé.

Proposant aujourd’hui leurs services à plus de 1 000 DA pour le médecin généraliste et à plus de 2 000 DA pour le médecin spécialiste, les praticiens de la santé considèrent aujourd’hui que le système de remboursement est complètement obsolète. «Les tarifs de remboursement proposés par la Cnas remontent à 1987. Les soins et actes médicaux ne sont pas remboursés selon leur coût actuel », nous a déclaré le docteur Megharbi Mamoune, endocrinologue, qui a appelé la Sécurité sociale à se mettre à jour avec les tarifs pratiqués par les médecins, en indiquant que les honoraires des médecins algériens sont loin d’être aussi élevés que ceux de nos voisins maghrébins. Pour sa part, Dr Boussaha, médecin pédiatre, a rejoint l’avis de son confrère en jugeant le système de remboursement défaillant et ne répondant pas aux attentes des malades. « Nos tarifs sont fixés par l’Association des pédiatres libéraux d’Alger, qui a situé nos honoraires entre 1 000 et 1 500 DA.
Cependant, il y a d’autres médecins  spécialistes qui ont augmenté leurs tarifs selon des critères que nous ignorons», a déploré notre interlocutrice. S’agissant du remboursement des frais de visite chez le médecin, Dr Boussaha a évoqué la convention Chifa, signée par 3 000 médecins entre spécialistes et généralistes.
«Personnellement, j’ai signé cette convention mais dans ma spécialité, seuls les retraités ayant un enfant âgé entre 0 et 6 ans peuvent en bénéficier, une catégorie inexistante.
Donc cela n’a pas marché pour moi », a fait savoir le médecin. En ajoutant : « Les tarifs de remboursement proposés par la Cnas devraient être actualisés. Le malade ne peut se contenter de 50 ou 100 DA pour une visite chez le médecin qui vaut dix fois plus ». Aussi, aux frais du médecin s’ajoutent ceux des examens complémentaires, à l’image des analyses, radios et scanners que la plupart des malades préfèrent effectuer dans des cliniques privées pour ne pas subir les contraintes des hôpitaux publics. En effet, dans la plupart des hôpitaux, les appareils de scanners ou IRM sont soit défectueux soit inexistants, pour les établissements qui en disposent. Les patients en général décrochent péniblement des rendez-vous.
« Dans le cas où j’ai des examens médicaux à effectuer, je préfère me tourner vers un laboratoire privé et ne pas être remboursé que de me diriger vers l’hôpital et faire mon examen six mois après », a déclaré Youcef, un quinquagénaire. Avant d’ajouter : « Le système de santé
algérien avec tout ce qu’il englobe est en train de nous tuer à petit feu.» <