Le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, a déclaré hier à Alger que l’Union africaine (UA) a atteint un degré de maturité et d’indépendance suffisant pour contrer les plans et tentatives du Maroc visant à porter atteinte à l’Acte constitutif de l’Organisation panafricaine.

«L’UA a atteint un degré de maturité et d’indépendance dans ses décisions lui permettant de contrer les plans et tentatives du Maroc d’attenter aux dispositions de l’Acte constitutif de l’Organisation panafricaine», a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse animée au siège de l’ambassade sahraouie. A une interpellation de Reporters à propos des récentes affirmations de Nasser Bourita, ministre marocain délégué des Affaires étrangères, selon lesquelles le Maroc «ne reconnaîtra jamais la Rasd», M. Ould Salek a estimé que «ces déclarations démontrent les intentions malsaines du Maroc et la mauvaise foi d’un occupant à trouver une issue à la question sahraouie», a-t-il dit, d’autant que «l’adoption par le Maroc de l’acte constitutif (de l’UA) se veut une reconnaissance légale et claire de l’Etat sahraoui et de sa souveraineté sur son territoire». «Le souverain marocain a bien pris place aux côtés du président sahraoui et des chefs d’Etat africains, chacun dans le siège officiel de son pays. Cela est un pas en avant sur la bonne voie imposé par la lutte du peuple sahraoui», a-t-il étayé.
«Le Maroc a essuyé un échec cuisant dans ses tentatives de légitimer son occupation des territoires sahraouis et son déni de l’existence de la Rasd après avoir essayé par tous les moyens et pendant plus de trois décennies de porter atteinte à la place de l’Etat sahraoui (…)», a-t-il encore ajouté.
Le chef de la diplomatie sahraouie a estimé que la résolution 18 du Sommet africain en vertu de laquelle le Maroc a adhéré à l’UA constituait «une victoire pour la légalité et la souveraineté du peuple sahraoui sur son territoire». Et de réaffirmer, à cette occasion, «la disponibilité de la RASD à faire la paix avec son voisin le Maroc, sur la base des principes de l’UA adoptés par le Maroc sans réserves et conformément aux décisions de la légalité internationale». D’autre part, joint par téléphone hier, le ministre sahraoui délégué à l’Afrique Hamdi Mayara a, lui aussi, abondé dans le même sens, affirmant que «le Maroc démontre pour la énième fois qu’il n’a nullement l’intention de débattre pour résoudre la question sahraouie». «Bien au contraire, il affiche son inaptitude à régler le conflit qui nous oppose et à compliquer davantage la situation», ajoute-t-il. Aussi, pour en revenir à M. Ould Salek, il a indiqué que l’UA a décidé d’admettre le Maroc comme 55e Etat membre de l’Union suivant un «consensus parmi les Etats membres de l’UA», affirmant qu’«aucun vote n’a eu lieu comme tentent de le faire croire les médias marocains». Il explique que «l’adhésion a eu lieu conformément aux articles 9 et 29 de l’Acte constitutif de l’UA basé sur le respect des frontières héritées à l’indépendance et la non-utilisation de la force pour l’acquisition de territoires, qui sont des principes sacro-saints».
«A présent, a-t-il soutenu, il y a un fait, c’est que le Maroc siège sous le même toit africain aux côtés de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd), et le hasard a fait que la coordination entre les pays de la zone 5 de l’UA (Afrique du Nord), est assurée par la République sahraouie. C’est un fait accompli auquel le Maroc doit s’accommoder».
Si le cas contraire se présente, a averti M. Ould Salek, «le Maroc n’aura pas affaire à la Rasd , mais plutôt à un ensemble d’Etats et aux instances de l’UA».