Ayant déjà une longue expérience dans le secteur de tourisme, le P-DG du groupe Arem, Jamel Arem, indique dans cet entretien qu’il a tenté d’investir en Algérie dans le tourisme, mais ses tentatives n’ont pas eu de résultats. Entretien.

Reporters : Pouvez-vous nous présenter votre groupe ?
Jamel Arem : Créé en 1979, le groupe Arem opère dans divers secteurs. Tout au long de son parcours, Arem Group a opté pour une stratégie de diversification dans des domaines d’activités stables et rentables. Nous avons pu créer des synergies et nous positionner en tant que leader dans des secteurs aussi variés que l’industrie, le commerce, la promotion immobilière et le tourisme. Pour ce qui concerne ce dernier secteur, nous avons investi dans le tourisme avec trois hôtels implantés dans les meilleurs sites de Tunisie. Deux à Djerba même, hôtel Diana Beach, un établissement 4 étoiles de 396 chambres, et le Meridiana, un 3 étoiles de 277 chambres. Un hôtel à Hammamet Sud, Lella Baya, un 4 étoiles de 235 chambres et 10 suites..

Quelles sont vos nouveautés pour les touristes, notamment les Algériens, pour l’année en cours ?
Je tiens d’abord à remercier nos frères algériens qui nous ont soutenus dans les moments difficiles. Ils étaient les premiers à réagir en faveur des Tunisiens après tout ce qui s’est passé en Tunisie. Ainsi, je tiens à annoncer que nous avons prévu des promotions qui peuvent atteindre les 20% pour les touristes algériens, à condition que les agences de voyages avec lesquelles nous travaillons respectent leurs engagements de ne pas exploiter ces baisses à leurs comptes.

Avez-vous déjà essayé d’étendre votre investissement en Algérie dans le domaine du tourisme ?
Oui, effectivement, nous avons tenté de nous implanter en Algérie à travers un projet touristique, mais au vu de la cherté du foncier, notamment dans la wilaya d’Alger et ses environs, nous n’avons pu conclure les discussions. Aujourd’hui, si l’Etat algérien est prêt à s’engager dans ce projet, nous serons également prêts à réaliser des projets aussi importants que ceux de la Tunisie et à des prix très compétitifs. Nous pouvons réaliser des projets avec des matériaux de construction fabriqués localement qui reviennent moins chers que ceux importés. C’est une question de culture, de tradition et d’identité, dont l’Algérie est très riche. Donc nous devons mettre en valeur ce que l’Algérie possède en matière de ressources naturelles et culturelles.

Comment trouvez-vous le secteur de tourisme en Algérie ?
Je suis allé à Alger et j’ai trouvé que le secteur de tourisme souffre dans tous les sens, à savoir les services et la cherté des prix. Ce qui manque vraiment en Algérie ce sont des établissements hôteliers de divertissement et de loisirs qui se situent dans les régions côtières. C’est ce genre de complexes touristiques équipés de thalassothérapie que les clients, algériens et étrangers, cherchent. Aujourd’hui, en Algérie, il existe beaucoup plus d’hôtels de business. Mais ce que je propose, c’est de s’orienter vers d’autres genres de tourisme dans lesquels la Tunisie peut servir à travers son expertise et son savoir-faire dans le secteur du tourisme. Ainsi, je rappelle que la Tunisie a été aux côtés de l’Egypte dans la création de sa destination de Sharm Echeikh, idem pour la Turquie.

Vous vous accrochez donc toujours à votre projet en Algérie ?
Oui. Personnellement, je crois énormément en les compétences de l’Algérie dans le secteur du tourisme. Je tiens également à contredire ceux qui disent que l’Algérie n’est pas prête pour le tourisme car je tiens beaucoup à nos frères algériens qui visitent la Tunisie. Il faut d’abord commencer et se lancer car le peuple algérien a vraiment besoin de ces aires de divertissements.

N’avez-vous pas pensé à aller investir dans les wilayas de l’intérieur de l’Algérie, notamment dans le tourisme thermal ?
Il faut tout d’abord s’implanter à Alger et ses environs. Si le projet réussit, il sera élargi à travers les autres régions du pays. L’expérience tunisienne a été très encourageante. D’ailleurs, l’Etat a accordé les meilleurs fonciers aux investisseurs. C’est la même chose pour le tourisme de Dubai, qui a commencé du projet de Jumaira qui a été suivi par d’autres projets importants.

Etes-vous prêt à aller investir en Algérie via la règle 51/49 ?
Oui, ceci n’est pas un problème, mais cela reste un obstacle. Car si les associés ne s’entendent pas, cela peut créer des problèmes pour l’investisseur étranger. Ce que je propose, c’est de réaliser des projets en commun avec l’Etat algérien. L’essentiel est que le projet soit réussi, car notre objectif n’est pas de gagner de l’argent en Algérie, mais juste pour donner notre savoir-faire en la matière.

Combien coûterait un projet comme le Méridiana ?
Les coûts des établissements hôteliers sont très variables et dépendent toujours des prix du foncier. Mais si nous parlons de l’immeuble, cela peut atteindre les 30 millions de dollars.