L’enquête sur la jeunesse algérienne, lancée dans le cadre du programme algéro-européen «Sahwa», révèle que l’insertion professionnelle des jeunes algériens ne se déroule pas dans de très bonnes conditions.

Tout en espérant que les résultats de cette enquête servent de plateforme aux pouvoirs publics pour trouver d’autres formules en faveur de l’insertion des jeunes, le coordinateur de ce programme, M. Hamouda, rapporte que ceux issus de la formation professionnelle ne sont pas très bien considérés sur le marché du travail.
«Ils ne sont pas bien rémunérés et il existe un grand écart dans la rémunération entre les filles et les garçons. De plus, les jeunes universitaires ont du mal à s’intégrer dans le milieu professionnel car très peu d’entre eux ont la chance de suivre des stages pratiques dans des entreprises», constate-t-il. Les programmes de l’UE lancés en Algérie pour les jeunes, néanmoins, ne font pas que ressortir les « défaillances» auxquelles est confrontée la jeunesse algérienne. Ces programmes financés en grande partie par l’UE et mis en œuvre dans le cadre de la politique de voisinage européenne, font ressortir de jeunes compétences nationales dans différents secteurs.
Ainsi, via le programme Eramus+, dédié à l’enseignement supérieur, des étudiants algériens ont pu bénéficier de bourses pour poursuivre leurs études à l’étranger. Slimane Boukraâ figure parmi ceux qui ont bénéficié d’une bourse qui a servi à financer son projet de recherche en Belgique. C’est grâce à lui que la Belgique a su que des moustiques tigres vivent sur son territoire. «J’ai non seulement découvert leur existence mais également comment ils sont venus jusqu’ici. Ils sont venus, en fait, des Etats-Unis», explique-t-il. Des jeunes entreprises sont en incubation dans le cadre du programme Switchmed, qui offre des formations dans l’économie «bio», a-t-on appris. La devise de ce programme est très simple. Produire en utilisant des technologies propres. «L’un des projets en incubation est versé dans la fabrication d’huile destinée à la cosmétique, extraite de la figue de barbarie. Notre but est d’inciter les porteurs de projets à intégrer la dimension environnementale dans leurs industries», souligne Lotfia Harbi, formatrice, formée également via ce programme. Ce dernier est destiné également aux industriels, précise le coordinateur de ce projet. Par ailleurs, des jeunes chômeurs et sans qualification à Oran ont bénéficié d’une formation grâce au programme d’appui à l’emploi, PAJE, et ce, dans les métiers de réhabilitation du patrimoine. Les représentants de ce programme font savoir que les chantiers de réhabilitation de patrimoine lancés à Oran ont besoin d’une main-d’œuvre qualifiée et spécialisée.
«Un besoin en maçons et forgerons à l’ancienne ainsi que des tailleurs de pierre. Des métiers qui n’existent plus chez nous. Grâce à ce programme, ces métiers sont enseignés chez nous. Des jeunes entre 16 et 20 ans sans qualification et des jeunes artisans ont pu trouver du travail sur ces chantiers grâce à ce programme», disent-ils. C’est en fournissant aux jeunes un cadre favorable à leur insertion et en leur donnant les moyens de se prendre en charge que l’Algérie pourra assurer, selon le directeur de la coordination européenne au ministère des Affaires étrangères, sa transition économique et sociale. «Pour cela, l’éducation, la formation et l’emploi doivent être mis en adéquation. C’est notre objectif dans les trois années à venir que nous comptons atteindre avec notre partenaire européen», indique M. Mokrane, directeur de la coopération européenne au ministère des Affaires étrangères. Le chef de la délégation européenne à Alger, John O’Rourke, soutient que ces programmes sont en faveur de l’insertion professionnelle et sociale des jeunes, renforce la citoyenneté et le dialogue entre les jeunes et les pouvoirs publics.