Le ministre de l’Industrie et des Mines se trouvait hier à Oran et sa proche région pour une visite de terrain, selon le jargon d’usage.

Du déplacement d’Abdeslam Bouchouareb dans l’ouest du pays, on retiendra la note positive qu’il a eue de l’investissement du turc Tosyali dans le domaine de la sidérurgie, preuve en est que la coopération Sud-Sud n’est pas qu’un discours en l’air, au contraire. De la visite du ministre de l’Industrie et des Mines, on retiendra aussi deux indications nouvelles et moins réjouissantes : la première concerne son discours pour la première fois mal assuré, semble-t-il, sur Peugeot et son avenir d’investisseur direct dans le secteur algérien de l’automobile.
Sur ce dossier, et à moins de s’y méprendre grossièrement, le ton utilisé par M. Bouchouareb signale une difficulté pour les deux parties à s’entendre sur la concrétisation d’une unité de montage à l’effigie du constructeur français. Les plus pessimistes s’avancent pour dire carrément que la marque au Lion n’est pas prête à rejoindre Renault et Volkswagen pour ne parler que ces deux autres grands constructeurs européens.
La seconde indication de la visite de M. Bouchouareb concerne le coup de sang que le ministre de l’Industrie n’a pu contrôler face au retard constaté dans la mise sur pied du projet de Total Lubrifiants Algérie. La filière du géant pétrolier français, selon les termes de M. Bouchouareb, a perdu beaucoup de temps dans la mise sur pied de son unité industrielle et en a fait perdre autant au gouvernement qui, a précisé M. Bouchouareb, avait l’opportunité de signer un contrat avec d’autres opérateurs.
Le ministre de l’Industrie et des Mines a sans doute des arguments en béton pour avoir une posture aussi critique, en particulier pour le projet de Total Lubrifiants qui tarde tant à voir le jour. Il serait surtout intéressant pour l’opinion publique de savoir pourquoi il n’a pas avancé et quelles sont les raisons du retard. Un vœu en forme de transition toute indiquée pour aboutir à l’autre indication, sans doute plus inquiétante, qu’a donnée hier le syndicaliste Amar Takjout sur l’état actuel de nombreuses entreprises publiques et leur incapacité à renouer avec la performance en dépit de l’aide importante du gouvernement.
Le secrétaire général de la Fédération des textiles et des cuirs de l’UGTA dresse un tableau peu reluisant de la situation dans laquelle se trouvent ces EPE. Il s’interroge sur l’utilité des actions et des projets lancés pour qu’elles retrouvent leur santé financière et le chemin de la croissance dont elles demeurent très loin. En résumé, il demande un bilan de ce qui a été fait ou pas fait. Un droit d’inventaire, en somme. Qu’il s’agit d’exercer au plus vite.