Alors que l’État a mis en place plusieurs mécanismes constitués de programmes d’investissements et de formation, d’arsenaux juridiques et de moyens financiers, pour relancer la machine économique du pays, la situation des entreprises publiques algériennes est loin d’être réjouissante, selon le constat établi par le secrétaire général de la Fédération des textiles et des cuirs de l’UGTA.

« A-t-on dressé un bilan pour connaître la traduction de tous ces efforts sur le terrain, s’agissant autant des plans de relance que des managers chargés de les piloter ? », se demande-t-il. « Sont-ils à même d’entreprendre avec succès ce qui est attendu d’eux ? », s’est encore interrogé Amar Takjout, qui intervenait, hier, dimanche, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale. Insistant sur la nécessité de tirer un bilan du programme de relance, Amar Takjout, remonté, a estimé, d’autre part, primordial d’instituer un « dialogue social » au sein des entreprises pour expliquer aux travailleurs qu’ils sont la composante essentielle de réussite de cette relance économique.
Il s’est, dans ce contexte, « demandé » si des moyens ont été dégagés pour développer les petites et moyennes entreprises qui, compte tenu de leur faible nombre, constituent le « parent pauvre » de la relance attendue. Pourtant, faut-il le souligner, parallèlement à la concrétisation de certains projets, le ministère de l’Industrie a procédé, en 2016, à une refonte globale du cadre juridique régissant l’investissement. Ainsi, le cadre réglementaire relatif à la politique d’investissement a été modifié à travers un nouveau code des investissements pour le rendre stable, transparent et cohérent et pour garantir les droits des investisseurs et promouvoir les investissements directs étrangers (IDE). Pour le secrétaire général de la Fédération des textiles et des cuirs, au moment où le pays est à la veille d’élections législatives, « le débat politique qui y est lié semble se désintéresser des questions économiques, laissant au politique le rôle de légiférer, seul, sur ces dernières ». Notant les points d’insuffisance pour faire démarrer la machine économique, le syndicaliste les a imputés à la contrainte de l’administration. « Il faut, laisser l’entreprise publique prendre des initiatives et, en outre, organiser celle à caractère privé », a-t-il insisté. Le représentant de l’UGTA a affirmé, en outre, inconcevable que les entreprises, quel que soit leur statut, ne soient pas encore identifiées « ni identifiables », parce que leur adhésion à la Chambre de commerce est quasiment « une anarchie ». Selon lui, celles-ci ne sont pas organisées en unions professionnelles sectorielles.
« Nous sommes, encore, le seul pays à ne pas disposer d’une cartographie de son tissu économique », a-t-il soutenu. Ce n’est pas fini. Amar Taknout s’en prend, ensuite, aux organisations patronales « agissant, plus, pour des intérêts personnels », que pour l’intérêt économique du pays. Il a appelé que « d’autorité », les entreprises adhèrent à la Chambre de commerce, qu’elles soient identifiées et organisées en unions professionnelles, que soit créé, en amont, un plan d’aide à la création de petites et moyennes entreprises, dont il chiffre le nombre à 2 millions d’entités.