Naftal se porte bien, ainsi que le souligne son Pdg Hocine Rizou. La bonne santé financière de l’entreprise, on la voit dans les chiffres, avec un chiffre d’affaires en hausse en 2016 à 380 milliards de dinars contre 333 milliards de dinars en 2015. Certes, Naftal n’est pas passée du tout au tout, mais son nouveau Pdg a réussi à la repositionner dans une dynamique évolutive de croissance, avec le soutien, bien entendu, de la maison mère qui est Sonatrach. Au cours d’une conférence de presse conjointe animée, lundi 2 janvier, à Alger, le Pdg de Naftal et le Pdg de Sonatrach tenaient d’ailleurs le même discours au sujet de la conduite à tenir en ce qui concerne le plan de développement de la société nationale de commercialisation et de distribution des produits pétroliers. La direction de Naftal aura sérié les problèmes dont souffre le marché des produits pétroliers : pénuries sporadiques de carburants, trafic de carburants dans les régions de l’Ouest et de l’Est, manque de moyens de stockages, prix, explosion du parc automobile… Et, à la lumière de l’ensemble de ces données, elle a élaboré un programme de développement étalé sur une quinzaine d’année et doté de plus de cinq milliards de dollars. Hocine Rizou en a longuement parlé, à l’occasion de cette conférence de presse, expliquant que l’entreprise qu’il dirige veut gagner de l’argent, remplir convenablement la mission de service public, et bâtir quelque chose de solide sur le long terme. Ainsi, le projet de développement de l’entreprise, d’ici 2030, porte sur un chapelet de volets : modernisation des stations-services, augmentation des capacités de stockage des hydrocarbures, développement de l’utilisation du GPL et extension du réseau de canalisations d’acheminement d’hydrocarbures à travers le pays. Mais l’une des priorités de premier rang reste l’augmentation de l’autonomie de stockage qui sera portée à

30 jours pour les carburants et à 12 jours pour le GPL en période hivernale. L’entreprise prévoit, en effet, à l’horizon 2020, d’atteindre une autonomie nationale de stockage en carburants de 30 jours à hauteur de 2,1 millions m3 contre 10 jours actuellement. Les dépôts du Caroubier à Alger et ceux de Béjaïa et Sidi Bel Abbès notamment font l’objet de programmes d’extension. Il y a également le programme de développement du GPL. Celui-ci comporte la réalisation de mille points de vente GPL au niveau des stations- service, cela portera à 72% la proportion de stations-service équipées en GPL contre 28% actuellement. En perspective aussi, la construction de 31 nouveaux centres de conversions GPLc, en plus des 30 déjà existants, ce qui permettra, selon Naftal, la conversion de 26.500 véhicules par an à partir de cette année. Hocine Rizou se donne ainsi à fond, mettant sur la table de gros investissements, parce qu’il sait que l’énergie et tout ce qui la concerne n’ont jamais été un domaine qui relève du traitement ordinaire, mais du long terme. De même, il sait qu’il gère une activité stratégique qui affecte toute la vie du pays et dont l’efficacité ne peut se mesurer au seul aspect commercial. Naftal est en fait sur un continuum marquant le passage à une nouvelle étape. C’est un projet fastidieux supporté en partie par Sonatrach. Cette dernière table aujourd’hui sur des équipements et des installations de production appropriés dont la finalité est d’optimiser la production de carburants y compris l’essence sans plomb dont le pays ne produit pas suffisamment. Seule la raffinerie de Skikda dont une partie a été rénovée  en produit. Les autres raffineries devront en produire à l’achèvement de leurs programmes de réhabilitation.