C’est la première fois que l’EI revendique un attentat à Istanbul, mais plusieurs attaques contre des cibles touristiques dans la métropole turque lui ont déjà été attribuées par les autorités.


En novembre, l’agence Amaq, organe de propagande de l’EI, avait affirmé que les djihadistes étaient derrière un attentat au véhicule piégé à Diyarbakir (sud-est). Mais cette attaque avait ensuite également été revendiquée par des Kurdes radicaux. Le 1er janvier 2017, lors de la nuit du Nouvel An, une fusillade contre une discothèque d’Istanbul a fait au moins 39 morts et 65 blessés. Cet attentat, le dernier en date d’une longue série d’attaques, a été revendiqué hier lundi, par l’Etat islamique (EI) alors que l’auteur, en fuite est traqué par les autorités turques. «Un soldat héroïque du califat a frappé l’une des plus célèbres boîtes de nuit où les chrétiens célébraient leur fête d’apostats», a en effet, indiqué l’organisation terroriste dans un communiqué, précisant que le terroriste a utilisé des grenades et une arme à feu. Dans son communiqué, l’EI accuse la Turquie, un pays peuplé majoritairement de musulmans, de s’être alliée aux chrétiens. A 01H15 dimanche (22H15 GMT samedi), un homme armé d’un fusil d’assaut a surgi devant le Reina, discothèque située au bord du Bosphore sur la rive européenne d’Istanbul, abattant deux personnes à l’entrée avant de pénétrer à l’intérieur et d’y semer la mort. Selon les médias turcs, l’assaillant a tiré entre 120 et 180 balles au cours de l’attaque qui a duré environ sept minutes, avant de changer de tenue et de s’enfuir. «Nous étions venus pour passer un bon moment, mais tout s’est soudain transformé en nuit d’horreur», a raconté à l’AFP Maximilien, un touriste italien. «On a entendu des tirs de kalachnikov, on s’est dit que c’était peut-être des gens qui avaient trop bu et qui se bagarraient, mais les gens ont commencé à se jeter par terre», a témoigné Albert Farhat, sur la chaîne libanaise LBCI. L’identité de l’assaillant n’était pas connue, mais le quotidien Hürriyet a rapporté dans son édition d’hier, que les autorités suivaient la piste de l’EI et que le tueur pourrait venir du Kirghizistan ou d’Ouzbékistan. Le ministre de l’Intérieur, Süleyman Soylu, a déclaré la veille que d’intenses efforts étaient entrepris pour retrouver le tireur et a espéré qu’il serait attrapé rapidement. Une grande chasse à l’homme a été lancée dans le pays pour interpeller l’assaillant, qui aurait fui en changeant de vêtements après son attaque. Les Turcs redoutent d’ailleurs d’autres attaques similaires «Le danger continue», écrit le chroniqueur Abdulkadir Selvi dans le quotidien Hürriyet. «Tant que ce terroriste ne sera pas arrêté, nous ne saurons pas où et quand un massacre pourrait avoir lieu.» Cette attaque s’est produite malgré un déploiement massif de forces de police à Istanbul, ville tentaculaire frappée par de nombreux attentats au cours de l’année écoulée. Selon Hürriyet, les enquêteurs estiment que l’assaillant pourrait être lié à une cellule qui a commis un triple attentat-suicide à l’aéroport Atatürk d’Istanbul qui a fait 47 morts en juin, imputé à l’EI par les autorités. L’attentat du Nouvel An survient alors que l’armée turque mène depuis quatre mois une incursion dans le nord de la Syrie dont elle tente de déloger l’EI et des milices kurdes. D’après les derniers chiffres des médias turcs, 12 Turcs sont décédés dans l’attentat, dont un belgo-turc, et 26 étrangers. Une victime n’a toujours pas été identifiée. Parmi les tués, pour la plupart originaires de pays arabes, figurent deux Jordaniens, trois Irakiens et trois Libanais, selon les autorités des trois pays. Les familles des victimes étrangères devaient récupérer hier lundi les corps de leurs proches. Cette attaque marque une entrée sanglante en 2017 pour la Turquie, déjà secouée en 2016 par une tentative de coup d’Etat et une vague d’attentats meurtriers attribués aux djihadistes ou liés à la rébellion kurde.