Le site naturel protégé du site, dit des Trois anses de Kouali, ainsi que le parc citadin de la commune de Tipasa vont être concédés à des investisseurs privés, a annoncé le wali, lors de la dernière session de l’APW consacrée au secteur de l’environnement dont dépendent ces deux projets.


Le wali a justifié cette décision, prise avec l’accord du ministère des Ressources en eau et de l’Environnement, par le problème de gestion auquel étaient confrontés ces deux projets réalisés avec les deniers publics et qui étaient en attente de trouver une solution pour leur gestion, la commune de Tipasa n’étant pas en mesure de la faire.
Le wali précédent Mostefa Layadi avait créé une Epic de wilaya chargée des espaces verts, de l’éclairage public et voirie et de la prise en charge de ces projets destinés à offrir des espaces de détente et de loisirs aux familles et aux visiteurs. Le nouveau wali, lors de l’annonce de la décision, a expliqué que le site de Kouali, qui a mobilisé une enveloppe de 27 milliards de DA était livré à l’abandon, aux bandits et à la mafia alors que ni l’APC ni le Commissariat national du littoral (CNL) ne sont en mesure de le gérer faute de personnel qualifié. Les participants à la session de l’APW n’ont pas manqué de se demander quels seront les heureux bénéficiaires de ces projets qui ont mobilisé un investissement important des pouvoirs publics et s’ils seront en mesure de respecter un cahier des charge pour ne pas les transformer en espaces commerciaux alors que leur vocation est plutôt de protéger la nature.
Le site des Trois anses de Kouali fait partie des trois retenus par le ministère à l’échelle nationale, à savoir les îles Habibas, à Oran, et Rachgoune, à Tlemcen, qui ont été inscrits dans le cadre du Plan de soutien à la relance économique (PSRE) et à travers un projet de coopération algéro-française.
Les trois sites, en effet, ont bénéficié d’une enveloppe financière de 3 millions d’euros dont 1,2 million accordé par le Fonds français de l’environnement mondial, tout en profitant de l’appui technique et l’accompagnement du Conservatoire français du littoral (CFL) qui travaille en collaboration avec le Commissariat national du littoral.
Les enjeux de la protection de ce site naturel du littoral tipasien fait état du diagnostic réalisé à la suite de plusieurs visites d’experts en environnement, des responsables du bureau d’étude qui ont axé leurs interventions sur les aménagements paysagers et architecturaux proposés pour faire de ce site, en plus de son rôle initial de lieu de détente et de loisirs pour les familles, un lieu de découverte des richesses marines et florales de la région et d’éducation à l’environnement à travers l’aménagement de parcours piétons destinés à la découverte et à l’interprétation.
Le site est constitué des Trois anses de Kouali, qui renferme une diversité biomarine très importante, avec entre autres le récif barrière de l’herbier de Posidonie ainsi que les trottoirs de vermets. L’étude propose de réorganiser le faciès de la végétation constituée d’une brousse d’oléo lentisques et d’oliviers tout en protégeant le cordon littoral qui fait l’objet de prélèvement de bois et accélère par conséquent l’érosion ainsi que les espèces remarquables de plantes bulbeuses, telles que le narcisse et le colchique, présentes dans cette zone et les récifs de l’herbier de Posidonie considéré comme le poumon vert des fonds marins où nichent de nombreux poissons.
En plus de la protection des espèces endémiques et des points de vue paysagers fabuleux, les responsables du secteur espèrent faire de ce site de Kouali, une vitrine pour la nouvelle politique de reconquête du littoral.
La mise en valeur des «Trois anses grâce à des aménagements pour les visiteurs,» l’installation de pavillons en bois d’accueil du public à l’entrée est et ouest, l’installation de buvettes, la mise en place de panneaux signalétiques ainsi que la plantation de nouvelles espèces de plantes à lentisques, oliviers ou même des pins d’Alep dans les endroits protégés des embruns marins sont les quelques propositions d’aménagement faites par l’étude qui interdit l’accès au site des véhicules.

Le parc citadin cédé à des investisseurs privés sur la base d’un cahier des charges précis

Le parc citadin implanté à l’entrée sud-est de la ville de Tipasa, à proximité de la gare routière et dans le prolongement du pôle universitaire, couvre une superficie de 21 hectares qui s’articule autour de trois espaces, selon l’étude préliminaire, le premier dédié à la lecture, un second pour les loisirs et un troisième consacré aux jeux pour enfants avec une zone de détente équipée de bancs et de tables pour le pique- nique, d’un jardin botanique ainsi qu’un lac d’une superficie  de 2 ha. Au moment du lancement du projet une autorisation de programme (AP) de 200 millions de dinars a été affectée pour la concrétisation de ce projet, dont l’étude a été achevée en 2011. Ce parc est mitoyen de l’école de formation de tennis et d’une auberge de jeunesse. Ce projet viendra en appoint à la forêt récréative qui se situe en amont du complexe touristique, la Corne d’or et qui fait le plein toute l’année de familles à la recherche d’espace de détente pour leurs enfants.